Dossier a la une

L'histoire scientifique des races

Ce sont les scientifiques du XVIIIe siecle qui ont pour la premiere fois classé l'espece humaine en différentes "races". Retour sur l'histoire d'une théorie qui a dérivé de maniere tragique dans la sphere publique.

Abonnez-vous a notre newsletter :

  • Tous les nouveaux dossiers
  • Un mail par semaine maxi
  • Votre e-mail ne sera jamais exploité commercialement

Dossiers Réflexiences

Le futur museum de Californie

100% écolo, pourvu d'un toit vivant et d'une forêt tropicale sous dôme, le nouveau Muséum de Californie fait dans la démesure. Petite visite guidée en image, 1 an avant son ouverture.

Du pétrole à l'essence

Rien ne sert d'avoir du pétrole : il faut de l'essence pour nos voitures !!! Pourtant nous n'avons pas l'un sans l'autre : voici le processus de transformation pour passer du pétrole à l'essence.

A lire sur le sujet

    

L’écologie politique ne doit pas conserver l’idée de nature.

Dès son introduction, Latour annonce que l’écologie politique doit oublier la notion de nature, qu’il qualifie de « maladie infantile de l’écologie politique » (p. 14). Le premier chapitre vise donc à expliquer pourquoi il faut se « débarrasser » de la nature, pourquoi elle est un obstacle au débat démocratique.

En utilisant le point de vue de la sociologie des sciences, il aborde le lourd héritage du mythe de la Caverne de Platon. Notre conception occidentale du monde se base en effet sur l’idée qu’il existerait d’un côté les « faits », des objets définitifs et absolus, et de l’autre des sujets, c’est à dire des humains coincés dans leurs querelles, qui ne font que parler sans jamais avoir accès aux vraies choses. Le Philosophe – et par extension le Savant – a le pouvoir de s’arracher à la Caverne pour toucher les vrais objets et comprendre le monde, il peut alors revenir pour expliquer aux pauvres humains enchaînés ce que sont les choses du dehors. Il bénéficie alors du plus formidable pouvoir politique jamais inventé : « faire parler le monde muet, dire le vrai sans être discuté, mettre fin aux débats interminables par une forme indiscutable d’autorité qui tiendrait aux choses mêmes ». (p. 28). L’avis indiscutable du Savant, qui viendrait ainsi trancher la parole publique par son savoir, est tout simplement trop éloigné de la réalité pour être concevable. Une telle séparation des pouvoirs (nature / société) suppose trop d’hypothèses invraisemblables.

Latour fait ensuite la distinction entre la pratique de l’écologie politique et ses fondements théoriques. En effet, si la théorie s’occupe de nature, c’est loin d’être le cas de la pratique, qui s’inquiète de sciences, de morales, de droit et de politique. Les crises écologiques ne sont pas issues d’une nature qui déboulerait brusquement sur la société, mais de la multiplication d’objets qui ne sont plus seuls au monde et qui traînent derrière eux tout un tas de questions : « Aux objets sans risques, aux objets chauves auxquels nous étions habitués jusqu’ici font place des attachements risqués, des objets échevelés. » (p. 38). Ainsi, l’amiante, n’est plus ce magic material mais un « imbroglio cauchemardesque de droit, d’hygiène et de risque » (p.39).

Enfin, grâce à l’anthropologie comparée, Latour apporte un troisième argument en faveur de son hypothèse. L’étude des peuples dits primitifs apporte des réponses qui vont à contre courant des opinions généralement admises. En effet, les cultures non occidentales ne vivent pas du tout en « harmonie avec la nature », bien au contraire même : elles ne s’en soucient pas du tout. Les anthropologues s’accordent pour dire que nous sommes les seuls à penser notre société avec la nature. L’étude de ces autres cultures peut nous être très utile car « [elles] ont conservé pour nous les institutions conceptuelles, les réflexes, les routines, dont nous avons besoin, nous les Occidentaux, pour nous désintoxiquer de l’idée de nature. » (p.64).

Arrivé à ce stade du livre, on s’est débarrassé de la vieille conception de l’Ancien Régime, inspiré du mythe de la Caverne, on a mis de côté la vieille distinction nature / société. Mais il reste le travail de reconstruction, trouver un successeur à l’Ancien Régime, et ce successeur ne pourra se bâtir qu’après avoir « déconstruit » d’autres concepts erronés.

Envoyer par mail Envoyer par mail

Bruno Latour : Politiques de la nature

Sommaire

Dossier réalisé par Jérémie Pottier

 
Les flux RSS de Réflexiences
Nos flux RSS :
Articles Réflexiences - Actualités sciences

Evénements scientifiques :
en Ile de France - dans le Nord ouest - dans le Nord Est - dans le Sud Ouest - dans le Sud Est

© 2005-2007 Réflexiences - Tous droits réservés