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Ce sont les scientifiques du XVIIIe siecle qui ont pour la premiere fois classé l'espece humaine en différentes "races". Retour sur l'histoire d'une théorie qui a dérivé de maniere tragique dans la sphere publique.
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Quelle image véhiculent aujourd'hui les scientifiques et pourquoi ? Un lycéen et un chercheur nous donne leur avis sur la question.
Pour les esprits colonisateurs du XIXe siècle, les Arabes n’ont rien inventé, ils ont juste eu l’immense privilège de garder bien au chaud le savoir des Grecs. Et quand enfin, au XXe siècle, les historiens reconnaissent l’importance des sciences arabes, les esprits s’échauffent : ce sont les Arabes qui ont tout inventé ! Jusqu’à nos célèbres chiffres ! Petite mise au point...
En 1991, Bruno Latour publiait Nous n’avons jamais été modernes, un essai qui visait à décortiquer le modernisme et à en montrer les limites : il y expliquait alors qu’il fallait laisser derrière nous le modernisme et cesser de considérer l’histoire européenne sous le seul angle de l’idée de progrès :
« L'ancienne idée de progrès, celle que nous avons quitté récemment, permettait de ne plus faire attention, elle libérait de toute prudence, de toute précaution ; la nouvelle idée apparaît plutôt comme ce qui oblige à la prudence, au choix sélectif, à un triage minutieux des possibles… »(1)
Huit ans plus tard, en 1999, il publie Politiques de la nature. Comment faire entrer les sciences en démocratie ? Alors que le premier visait plutôt à casser les idées reçues, ce nouvel ouvrage s’atèle à la lourde tâche de reconstruction d’un système qui engloberait à la fois les sciences et la société.
Si l’on veut comprendre le point de vue de l’auteur, il est nécessaire de détailler le contenu entier du livre, qui consiste finalement en une lente progression vers son idée finale. On ne pourrait donc pas, dans le cadre de ce compte rendu, ne détailler qu’une partie de l’ouvrage : plusieurs étapes du cheminement de l’argumentation seraient sautées et le propos final s’en retrouverait incomplet, voire incompréhensible. Le principe est donc de reprendre le fil du livre, en se concentrant uniquement sur les idées fortes, mais en détaillant toutefois les parties plus obscures.
Dossier réalisé par Jérémie Pottier
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