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Ce sont les scientifiques du XVIIIe siecle qui ont pour la premiere fois classé l'espece humaine en différentes "races". Retour sur l'histoire d'une théorie qui a dérivé de maniere tragique dans la sphere publique.
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Il est inhabituel d’associer le mot « voyage » avec le temps, et nous l’associons plus volontiers avec l’espace, comme le fait le dictionnaire (Larousse – 1988) :
« Voyager v. i. 1. Faire un ou des voyages, partir ailleurs. 2. Faire un parcours, un trajet. 3. Etre transporté. 4. Partir en voyage. Voyage n. m. 1. Action de voyager, de se rendre ou d’être transporté en un autre lieu : trajet ainsi fait. 2. Action de se rendre dans un lieu lointain ou étranger ; séjour ou périple ainsi fait. 3. Déplacement, allées et venues en particulier pour transporter quelque chose. »
Ainsi, pour le dictionnaire, le voyage ne s’effectue que spatialement. Et pour voyager, il est nécessaire d’ « être transporté », de voyager dans quelque chose. La question du voyage dans le temps suppose donc de disposer d’un moyen de transport : la machine à voyager dans le temps. Le premier sens du mot « voyage » dans le sujet, est donc celui utilisé par les romans de science fiction : on remonte ou on avance dans le temps grâce à une machine. Mais le voyage peut être envisagé d’une autre façon, sans doute moins exaltante, mais plus poétique : il suffit de regarder les étoiles pour remonter le temps. Car la lumière que nous recevons du fond de l’univers provient d’étoiles sans doute déjà éteintes. Pour finir, il existe un troisième sens, plus « terre à terre » : nous voyageons tous les jours dans le temps car nous « passons » dedans et nous « voyageons » vers le futur.
On l’a vu, un voyage a besoin de s’effectuer au sein de quelque chose. Pour aller de Paris à Rome, je voyage dans l’espace grâce à un moyen de transport (train, avion, voiture, vélo pour les plus courageux). La locution « dans le » de « voyage dans le temps » met donc en lumière un présupposé du sujet : le temps serait un réceptacle matériel, au même titre que l’espace, dans lequel on pourrait voyager. On attribue donc au temps une matérialité propre. Comme l’avait remarqué Wittgenstein, on a tendance à substantiver le temps, c’est-à-dire qu’on accorde une substance au temps. Or, le voyage dans le temps est plutôt un voyage dans le monde, qui au lieu d’utiliser l’espace pour se réaliser, utilise le temps.
Dossier réalisé par Elsa Godet
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