Recevez chaque matin les actualités du jour :
Ce sont les scientifiques du XVIIIe siecle qui ont pour la premiere fois classé l'espece humaine en différentes "races". Retour sur l'histoire d'une théorie qui a dérivé de maniere tragique dans la sphere publique.
Abonnez-vous a notre newsletter :
Elisabeth Dubois-Violette travaille au Laboratoire de Physique des Solides à l'Université d'Orsay où elle est Directrice de recherche CNRS. Elle a décidé de se battre pour la parité femmes / hommes au sein du CNRS.
Les meilleurs robots du monde s'affrontent au cours d'un compétition sans merci. Réflexiences vous dit pourquoi.
La spatialisation du temps laisse entrevoir une autre difficulté. En effet, le temps n’ayant qu’une dimension, sa topologie est assez pauvre par rapport à celle de l’espace. On peut le représenter soit comme une ligne ouverte, donc une droite ; soit comme une ligne fermée, donc un cercle. Le temps cyclique a prévalu pendant longtemps en raison du constat que le temps faisait se répéter certains événements. On en déduisait que le temps lui-même se répétait et qu’il faisait même des boucles à l’infini. Ainsi, pour les stoïciens, le monde périt et se régénère à l’identique, indéfiniment. L’avenir n’est que du passé qui va revenir. Pour Schopenhauer, le temps est un cercle éternellement refermé sur lui-même qui tourne sans progresser. Il affirme qu’il n’ y a pas d’Histoire, mais une succession de petites histoires se répétant à l’infini. Mais on peut objecter au philosophe que ce n’est pas parce que l’histoire se répète que le temps tourne sur un cycle. Car, quand on y réfléchit bien, l’éternel retour n’a rien de motivant, il est même plutôt désespérant car tout revient à l’identique, ce qui signifie que la volonté n’a aucun effet. D’ailleurs, Nietzche a développé sa théorie du surhomme à partir de cette idée : dans un temps cyclique, on ne peut pas agir sur l’avenir et on en est conscient, donc le surhomme est celui qui a la volonté de changer l’avenir tout en sachant qu’il n’y parviendra jamais. C’est le primat de la volonté sur le destin. De plus, la doctrine du temps cyclique implique la négation du temps car il n’y a plus de passé, ni de présent, ni de futur. Ce n’est donc pas parce qu’on observe des cycles géologiques, biologiques, psychologiques, etc. que l’on doit systématiquement invoquer l’existence d’un temps cyclique pour chaque. En réalité, si le temps n’est pas cyclique mais linéaire, c’est en raison du sacro saint principe de causalité qui stipule que tout événement est l’effet d’une cause et que toute cause précède l’effet. En effet, dans un temps cyclique, il y aurait rétroaction de l’effet sur sa cause et donc possibilité de changer le passé ; on ne pourrait donc plus distinguer l’avenir du passé. Mais certains philosophes, comme Jean-Marc Lévy-Leblond, pensent qu’il ne faut pas non plus réduire le temps à son axe linéaire car il pourrait également avoir une épaisseur. Lévy-Leblond le décrit comme une corde tressée qui nous permettrait de vivre dans plusieurs temporalités enchevêtrées. A méditer…
Dossier réalisé par Elsa Godet
© 2005-2007 Réflexiences - Tous droits réservés
Commentaires