La filière alcool vise à concurrencer l'essence. Elle exploite les cultures de maïs, de blé, de betterave ou de canne à sucre. Les leaders dans ce domaine sont les États-Unis et le Brésil.
La production se fait par fermentation alcoolique, à partir du saccharose directement présent dans l’aliment (betterave, canne à sucre) ou obtenu par dégradation de l’amidon (blé, maïs…). La fermentation fait intervenir des levures du genre Saccharomyces. L’alcool est ensuite purifié par distillation.
Cet alcool pur peut être ensuite utilisé tel quel dans des moteurs adaptés. On parle alors de véhicules 100% éthanol dont le moteur est un moteur à diesel modifié. Mais l'opération la plus courante est le mélange de l'éthanol à l'essence conventionnelle. La France roule depuis début 2007 à l’E85, carburant composé de 85% d'éthanol et de 15% d'essence. Le prix à la pompe est de 0,89 euros par litre pour près du double actuellement pour un litre d’essence sans plomb. En Europe, le taux d’incorporation de l'éthanol varie de 5 (E5) et 100% (E100) du volume total.
Selon une norme européenne, le moteur à essence conventionnel s’adapte tant que le taux d’éthanol ne dépasse pas 5%. Aux États-Unis un taux d'incorporation de 15% reste acceptable.
Pour des taux supérieurs à 5% un moteur hybride utilisant indifféremment l'éthanol ou l'essence est nécessaire. C'est aujourd'hui la solution Flex-Fuel qui est la plus répandue. Ces moteurs flexibles s'adaptent à des concentrations entre 0 et 85% d'éthanol. Au brésil, les Flex-Fuel connaissent un véritable engouement. En janvier 2008, l'Association des fabricants automobiles (Anfavea) annonçaient que 85,6% des immatriculations faites au Brésil en 2007 concernaient des véhicules équipés de cette technologie. Le marché de l’automobile brésilien propose plus de 60 modèles de voitures Flex-Fuel.
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Tableau récapitulatif du marché des agrocarburants
La filière biodiesel concerne les graines oléagineuses comme le soja, le colza ou le tournesol mais aussi les plantes oléagineuses comme le palmier à huile. Elle a vocation à concurrencer le gazole. Ce marché est dominé par l'Europe (Allemagne et France en tête) et les États-Unis. La transformation industrielle des oléagineux produit des esters d'huile végétale par réaction avec un alcool. Ils se nomment EMHV ou EEHV pour esters méthyliques d'huile végétale ou éthyliques en fonction de l'alcool utilisé. Les esters d’huile végétale servent d’additif au gazole, brûlé dans les moteurs diesel. En France, le seul biodiesel commercial s’appelle Diester (marque commerciale française de biodiesel). Ce Diester obtenu à partir d’huile de colza estérifiée ne représente en fait que 5% du gazole distribué. Le prix n’est pas avantageux (autour de 1,60 euros) car la production de Diester coûte cher. Le Diester profite en revanche à certaines entreprises ou collectivités, autorisées à l’utiliser en plus forte concentration. On estime que 8000 véhicules français roulent ainsi avec du gazole contenant 30% de Diester. L’avantage est l’exonération de la Taxe Intérieure des Produits Pétroliers (TIPP).
En revanche, les huiles végétales brutes ou HVB (obtenues par pressage des oléagineux) et les huiles-déchets (huile de friture usagée, graisses d'abattoir...) qui subissent une filtration poussée peuvent être utilisées ensuite à 100% comme carburant dans un moteur modifié. De quoi encourager une production locale de biocarburant qui pourrait rendre l’exploitant agricole totalement autonome et indépendant vis-à-vis du cours du pétrole. Toutefois, l’HVB n’est pas répertoriée comme carburant dans la législation française, ce qui l’exclut logiquement de l’exonération de TIPP. L’autorisation de rouler à l’HVB est soumise à dérogation.
Malgré cette diversification des filières, les biocarburants ne couvraient début 2006 que 1% des besoins en carburants du secteur transport. Et, au vu de données récentes qui mettent en péril les agrocarburants, les objectifs européens risquent d’être revus à la baisse.
Commentaires
tatard
Bioéthanol – ce qu’il coûte et ce qu’il donne
Il faut un peu plus d’un litre d’équivalent pétrole pour produire un litre de bioéthanol.
Ces chiffres s’entendent depuis les labours jusqu’à la dernière distillation.
Il faut un 1,600 litre d’éthanol pour fournir la même quantité d’énergie qu’un litre d’équivalent pétrole.
Où est la bonne affaire ?
Ce n’est pas parce que le monde entier déraisonne qu’on doit refuser tout effort de réflexion, quelle que soit la position sociale ou politique.