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Ce sont les scientifiques du XVIIIe siecle qui ont pour la premiere fois classé l'espece humaine en différentes "races". Retour sur l'histoire d'une théorie qui a dérivé de maniere tragique dans la sphere publique.

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Et si le moteur se grippait ?

Le Gulf Stream est certes le facteur le moins important dans la régulation des températures en Europe de l’Ouest mais il est le plus influençable. En effet, si le réchauffement s’intensifie dans les régions arctiques, il provoquera une augmentation de la fonte des glaces. Cet apport en eau douce – qui entraînerait une diminution de la différence de densité entre l’océan Arctique et la mer de Norvège - risque alors de déstabiliser le « tapis roulant » de l’Atlantique, voire de ralentir le Gulf Stream. En théorie, si la quantité d’eau douce augmentait significativement comme ce fut le cas il y a 8 000 ans (dernière déglaciation), le Gulf Stream pourrait s’arrêter. En effet, la plongée des eaux froides et salées ne s’effectuerait plus dans le nord de l’Atlantique mais au niveau des Açores, ce qui annihilerait la formation du Gulf Stream.


C’est cette éventualité qui a conduit le Pentagone à remettre au Président Bush un rapport en février 2004 sur les conséquences possibles d’un arrêt du Gulf Stream en 2020. Comme le précise bien ce document (et que beaucoup oublient de rappeler), il s’agit « d’imaginer l’impensable ». Les deux auteurs, Peter Schwartz et Doug Randall, expliquent en préambule : « Nous avons créé un scénario de changement climatique qui, bien que n'étant pas le scénario le plus probable, est plausible ». Aujourd’hui, on ne peut pas prédire l’arrêt imminent du Gulf Stream, même si, à la lumière des études effectuées sur les changements climatiques du passé, il  semblerait que certaines conditions soient réunies. En fait, tout dépendra de l’évolution du réchauffement climatique et de son ampleur.


La théorie de l’arrêt du Gulf Stream d’ici 2020 ne fait donc pas aujourd’hui consensus dans la communauté scientifique, en revanche celle de son ralentissement est sérieusement envisagée par les climatologues. Dans les décennies qui suivront ce ralentissement, ils prévoient une baisse massive des températures en Europe et sur la côte Est des États-Unis (d’environ 5°C) ainsi qu’une diminution significative de la pluviométrie.


Ainsi, plus la planète se réchauffera plus nos hivers européens seront glacials… Une contradiction difficile à concevoir. Pourtant la logique est implacable : les températures augmentent, les calottes glaciaires se disloquent, l’eau douce se déverse et reste en surface, le tapis roulant ralentit, la branche Nord du Gulf Stream s’affaiblit, l’océan Atlantique déstocke moins de chaleur, les vents en provenance des Rocheuses charrient un air moins chaud vers les côtes européennes.
Et nous ne serons pas les seuls touchés. La faune aussi a du souci à se faire.

A priori, le Gulf Stream n’a rien pour séduire un poisson. Ses eaux chaudes et salées sont pauvres en nourriture, car les nutriments se trouvent au fond des océans (là où les matières organiques mortes de décomposent). Pourquoi alors est-il reconnu comme le « fertilisateur » de l’océan ? En raison de son débit considérable : 85 millions de mètres cubes par seconde au niveau du Cap Hatteras. Lorsqu’il sort du détroit de Floride, ce torrent forme des méandres qui se rapprochent et s’éloignent sans cesse des côtes américaines. Ces mouvements créent des « appels » qui font remonter les eaux profondes vers la surface, charriant avec elles les nutriments nécessaires à la vie aquatique. Les espèces locales (le menhaden, sorte de hareng, et le bluefish), trouvent alors dans le Gulf Stream une nourriture abondante.
En cas de ralentissement du courant, elles seront les premières touchées.

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Vent de panique sur le Gulf Stream

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Dossier réalisé par Elsa Godet

 
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