Recevez chaque matin les actualités du jour :
Ce sont les scientifiques du XVIIIe siecle qui ont pour la premiere fois classé l'espece humaine en différentes "races". Retour sur l'histoire d'une théorie qui a dérivé de maniere tragique dans la sphere publique.
Abonnez-vous a notre newsletter :
Des matériaux à l'électroménager, préparez-vous à vivre la révolution "domotique". Réflexiences vous présente la maison intelligente de demain !
Claire Le Moine présente son métier qui la passionne: l'animation scientifique !
Au XVIe siècle, les dictionnaires définissaient la race comme une "lignée". La notion de race comme on l’entend aujourd’hui, subdivision de l’espèce humaine sur des critères principalement liés à la couleur de peau, naît au XVIIIe siècle.
Elle est le fruit des théories classificatrices : Carl von Linné (1707-1778), fondateur de la taxonomie* actuelle, est l’un des premiers à définir des groupes humains qu’il nomme "races".
En 1758, dans la dixième édition de son Systema Naturae, il distingue quatre groupes fondamentaux. La race blanche (les Européens), la race rouge (les Américains), la race jaune (les Asiatiques) et la race noire (les Africains) sont pour lui des espèces à part entière. La couleur de la peau n’est pas le seul critère retenu dans sa définition. L’état d’esprit supposé de ces différents peuples tel que l’orgueil des Asiatiques, la paresse des Africains ou encore la vivacité d’esprit des Européens place ces groupes sur une échelle de valeurs où ils sont loin d’être égaux.
Il ne faut pas cependant croire que classifier soit forcément synonyme de hiérarchiser. La toute première classification raciale, établie en 1684 par le médecin François Bernier (1620-1688), identifie cinq races. Celles-ci sont pour lui le « fruit de la création divine » et donc forcément de valeurs égales.
Au XIXe siècle, c’est dans un postulat général d’existence des races humaines, différenciables autant par leur physique que par leurs qualités humaines, que le comte Joseph Arthur de Gobineau (1816-1882) popularise la notion en publiant son essai sur les inégalités des races humaines.
Premier glissement notable de la sphère scientifique à la sphère publique… Inéluctablement, celle-ci va continuer son parcours jusqu’à la sphère politique des fascismes européens du XXe siècle. Ce premier essai raciste servira alors de caution scientifique à l’idéologie nazie.
© 2005-2007 Réflexiences - Tous droits réservés
Commentaires