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Ce sont les scientifiques du XVIIIe siecle qui ont pour la premiere fois classé l'espece humaine en différentes "races". Retour sur l'histoire d'une théorie qui a dérivé de maniere tragique dans la sphere publique.
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Portrait d'une vie partagée avec un drôle d'oiseau : la médiation scientifique !
Ecrire pour documenter, voilà le credo de Thierry Lefebvre. Dans sa dernière publication, "La bataille des radios libres", c'est une période particulièrement agitée de l'histoire de la radio qu'il raconte. Ce qui ne le prive pas de porter un regard acéré sur l'actualité.
C’est en 1965 que les nouveaux manuels scolaires estampillés "BSCS" font leur entrée dans les écoles publiques de Little Rock, Arkansas. Le problème est qu’ils sont en contradiction directe avec la loi de l’État (jamais appliquée, au demeurant) qui interdit l’enseignement de la « théorie ou doctrine selon laquelle l’humanité descend d’un ordre d’animaux moins évolué ».
Un professeur nommé Epperson intente un procès à l’État en 1965, au motif que la loi viole son droit d’enseigner la théorie contenu dans les manuels choisis par la communauté. Le procès, qui prend un peu moins de deux heures, aboutit à un rejet de la loi anti-évolution de l’Arkansas. La Cour Suprême de l’État renverse pourtant la décision du juge le 5 juin 1967, si bien que l’affaire se trouve portée devant la Cour Suprême des États-Unis.
Cela fait deux décennies que celle-ci se montre particulièrement sensible aux questions de liberté religieuse. La décision Everson de 1947, formulée par le juge Hugo Black, a été la première à admettre l’existence d’un « mur de séparation » constitutionnel entre Église et État. En 1963, dans l’affaire Abington School District v. Schempp, la Cour a annulé les lois et pratiques exigeant la lecture de versets de la Bible dans les écoles publiques. L’opinion majoritaire du juge Tom Clark a alors insisté sur le fait que, désormais, « afin de résister aux contraintes imposées par l’Establishment clause, les États devraient prouver que les lois qu’ils soutiennent ont un objectif laïc et des effets qui ne favorisent ni n’entravent l’exercice de la religion »
C’est ce fameux « test » qui sert à casser la loi de l’Arkansas contre laquelle se bat Epperson. Dans le compte-rendu de la décision du 12 novembre 1968, le juge Abe Fortas explique que la Cour Suprême a annulé la loi de l’Arkansas pour la simple raison qu’elle viole l’Establishment clause du premier amendement à la constitution.
Invoquant pour la première fois "l’intention religieuse de la loi", Fortas conclut que "le fait essentiel dans cette affaire, c’est que l’Arkansas a choisi de retirer de l’ensemble des connaissances un morceau qui lui semblait contredire une doctrine religieuse spécifique".
Alors même que les États du Mississippi et du Tennessee imitent l’Arkansas et purgent leurs textes de lois de tout contenu anti-évolutionniste, la contre-attaque créationniste s’organise. Le Comité d’Éducation de Californie incorpore ainsi dans son Science Framework de 1969 l’affirmation selon laquelle « All scientific evidence to date concerning the origin of life implies at least a dualism or the necessity to use several theories to fully explain relationships between established datat points ».
Ce document autorise de fait les créationnistes de Californie à demander l’inclusion de leurs théories dans les cours de science des années 1970.
Henry Morris (chef de file des young-earth creationists), soucieux de ne pas laisser passer une telle occasion, crée alors le Creation-Science Research Center afin de préparer des manuels scolaires susceptibles de présenter les thèses créationnistes de manière pédagogique dans les écoles. Après une décennie de victoires judiciaires pour les évolutionnistes, les créationnistes mettent en place une nouvelle stratégie.
Dossier réalisé par Jérémie Pottier
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