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L'histoire scientifique des races

Ce sont les scientifiques du XVIIIe siecle qui ont pour la premiere fois classé l'espece humaine en différentes "races". Retour sur l'histoire d'une théorie qui a dérivé de maniere tragique dans la sphere publique.

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1925-1961 : le procès Scopes et ses conséquences

Durant les premières décennies qui suivent la mise en place de l’école publique aux États-Unis, très peu de manuels scolaires mentionnent la théorie de l’évolution. Lorsque leurs auteurs se décident finalement à l’inclure, certains États répliquent en votant des lois qui interdisent purement et simplement son enseignement. L’exemple le plus connu de ce type de loi demeure sans aucun doute le Tennessee Butler Act de 1925 qui aboutit à la première bataille judiciaire opposant la création à l’évolution sur le terrain de l’école : le procès Scopes ou "procès du singe".

Ce « procès du singe », où l’accusé est un professeur de sciences nommé John Scopes, organise la rencontre explosive entre William Jennings Bryan, engagé par la World Christian Fundamentalist Association en tant que procureur, et Clarence Darrow, avocat de la défense et membre de l’ACLU.

L’aboutissement du procès, après huit jours d’audience, fait aujourd’hui encore l’objet d’interprétations contradictoires. Certes, la cour condamne John Scopes (les preuves de son infraction sont par trop évidentes). Mais, parallèlement, le procès endommage sérieusement la crédibilité de la cause créationniste.

Lorsque William Jennings Bryan accepte de témoigner à la barre en tant qu’expert en doctrine chrétienne, il se couvre en effet de ridicule devant l’Amérique tout entière en tentant de répondre aux questions ironiques de Darrow concernant l’interprétation à donner à la Genèse (par exemple : "Et les poissons ? Faut-il comprendre qu’eux aussi ont été noyés pendant le Déluge ?")…

Les médias, qui ont fait le voyage en masse et qui ont pris le parti de Scopes depuis le début, raillent les prétentions du Great Commoner à défier les théories scientifiques par un recours à une lecture littérale de la Bible.

Quoi qu’il en soit, les évolutionnistes n’étant pas parvenus à démontrer l’anti-constitutionnalité de la loi anti-évolution du Tennessee, cela laisse les mains libres à d’autres États pour promulguer des lois similaires. Au printemps 1927, dix-huit projets de loi anti-évolution font leur apparition dans quatorze États du pays (un record). Après 1928 pourtant, les mouvements évolutionniste et créationniste observent une trêve qui va durer presque trente ans.

es termes de cette trêve donnent bien sûr l’avantage aux forces anti-évolutionnistes, parce que les lois antiévolution demeurent en place et que les éditeurs de manuels scolaires, par crainte d’être à l’origine de nouvelles controverses, cessent de traiter de l’évolution dans les manuels de biologie. Pourtant, parallèlement, la réceptivité de l’opinion publique à la science grandit de façon constante durant cette période. La mise en orbite en octobre 1957 du satellite soviétique Spoutnik constitue notamment un électrochoc pour le gouvernement américain, qui comprend soudain la nécessité de financer la recherche scientifique de façon massive.

L’aide fédérale à la science augmente alors de façon considérable Des organisations chargées de « promouvoir le progrès scientifique », comme la National Science Foundation, voient alors le jour. Conscientes du retard américain en termes d’éducation scientifique, elles financent la rédaction de nouveaux programmes à destination des écoles publiques.

En 1959, la NSF donne naissance au BSCS (Biological Sciences Curriculum Study), chargé de produire des manuels scolaires. On peut dire que c’est l’apparition de ces manuels au début des années 1960 qui met fin à la trêve de trente ans entre évolutionnistes et créationnistes.

 

 
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