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Définitions du créationnisme

Encore faudrait-il préciser ce que l’on entend précisément par "créationnisme". La tâche est plus ardue qu’elle n’en a l’air. En effet, l’appellation créationniste se trouve aujourd’hui revendiquée par trois groupes différents, entre lesquels règne une atmosphère d’intense compétition.

Pour le premier d’entre eux (les young-earth creationists), la Genèse doit être prise au mot : une création soudaine en six jours se serait bien produite il y a environ 10000 ans. La présupposition plus large de ces young-earth creationists est que Dieu aurait utilisé des procédés de fabrication dont il ne reste plus aucune trace dans la nature - façon bien commode d’éluder tout débat sur les origines de l’homme puisque cela signifie que le mystère de la création restera à jamais inaccessible à la science.

Le second courant créationniste majeur est appelé old-earth creationism : il concède que la création a pu se dérouler sur une période bien plus longue que celle évoquée par les créationnistes stricts. Il accepte même certaines données scientifiques, tout en cherchant à les réconcilier avec le livre de la Genèse à l’aide de théories variées. L’une d’entre elles, la plus connue, s’intéresse à l’interprétation biblique du terme traduit par « jour ». Le terme hébreu yom ne correspondrait pas toujours à un jour solaire mais pourrait consister parfois en une période beaucoup plus longue. Dès lors, on pourrait avancer que chaque « jour » de la création correspond à un âge géologique. C’est pourquoi on appelle cette
théorie day-age theory.

Un troisième courant créationniste d’importance a vu le jour entre 1991 et 1996 : il s’agit de l’Intelligent Design. Parrainé par le professeur de droit Phillip Johnson (auteur du très controversé Darwin On Trial en 1991), et financé par le Discovery Institute (think tank conservateur situé à Seattle), l’Intelligent Design affirme que le créationnisme doit être compris avant tout comme une croyance dans un processus créatif au sens large du terme et non seulement tel que la Genèse le décrit. De fait, l’Intelligent Design évite toute référence à Dieu et, plutôt que de parler de "science créationniste", emploie l’expression "sciencet".

Aujourd’hui, l’Intelligent Design connaît un certain succès auprès de l’opinion américaine, à tel point que le président George W. Bush a récemment déclaré être en faveur de son introduction dans les cours de science du collège et du secondaire.

Si l’on veut comparer utilement la manière dont les partisans de l’Intelligent Design promeuvent leur pensée avec les stratégies mises en place par les créationnistes lors de leurs deux précédentes « croisades » (celle des années 20 puis celle des années 70), alors sans doute faut-il revenir sur l’histoire du mouvement anti-évolutionniste au vingtième siècle, et notamment sur ses démêlés avec la justice. Le livre d’Edward J. Larson, Trial and Error : The American Controversy over Creation and Evolution (1989), se révèle alors d’une grande utilité.

 
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