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Ce sont les scientifiques du XVIIIe siecle qui ont pour la premiere fois classé l'espece humaine en différentes "races". Retour sur l'histoire d'une théorie qui a dérivé de maniere tragique dans la sphere publique.
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Quelle image véhiculent aujourd'hui les scientifiques et pourquoi ? Un lycéen et un chercheur nous donne leur avis sur la question.
Claire Le Moine présente son métier qui la passionne: l'animation scientifique !
Des objectifs identiques
Comme le créationnisme, l’Intelligent Design espère à plus ou moins court terme infiltrer les cours de science du pays. Le principal terrain de bataille du mouvement demeure donc sans conteste celui de l’école publique. La raison en est simple : jouer un rôle dans l’éducation au niveau local, c’est garantir la pérennité du mouvement à l’échelle nationale.
Malgré le succès de leur stratégie à Dover, il n’est pas dit que les défenseurs de l’Intelligent Design auront plus de succès que leurs prédécesseurs créationnistes dans les écoles du pays. Il leur faudrait pour cela prouver que leur action ne contrevient pas à la « clause d’établissment » du Premier Amendement. Or, on l’a vu, l’autre objectif de l’Intelligent Design, c’est de transformer la société dans son ensemble, de faire en sorte qu’elle ne soit plus guidée par les valeurs matérialistes et scientifiques mais par des valeurs spirituelles et, implicitement, religieuses. Dès lors, comment les partisans de l’Intelligent Design espèrent-ils convaincre les cours de justice de la laïcité de leurs objectifs ?
Des méthodes très similaires
La « Wedge Strategy » de Phillip Johnson et ses collègues, derrière sa formulation originale et agressive, ne fait en réalité que reprendre des méthodes auxquelles les créationnistes avaient déjà eu recours au siècle dernier. Il s’agit toujours, au travers de disclaimers ou par d’autre moyens, de convaincre l’opinion que l’évolution n’est qu’une théorie et non pas un fait scientifique.
On joue ce faisant sur les deux sens du mot « théorie », qui désigne certes dans le langage courant une construction hypothétique mais qui, en science, se définit comme une construction intellectuelle synthétique contrôlée par l'expérience.
La distinction n’étant souvent pas très claire aux yeux du grand public, il suffit alors de demander, par souci de "justice" et de "démocratie", une présentation de théories scientifiques alternatives. Après tout, l’un des objectifs de l’école n’est-il pas d’ouvrir l’esprit des élèves et de les initier à la diversité ? C’est ce point de vue que le président Bush soutenait devant des journalistes le 1er août dernier.
Cependant, cet argument a été réfuté de façon ironique par l’évolutionniste Joseph McInerney, qui rappelait en 1993 dans un essai ironiquement intitulé "Raise Your Hand If You Want Humans To Have 48 Chromosomes", que la science n’est pas un domaine démocratique. Selon lui, les faits empiriques ne peuvent être soumis à référendum, autrement dit, la loi de la majorité ne s’applique pas aux principes scientifiques. Partant de là, il n’est pas « injuste » d’enseigner ce qui est vrai même si la majorité des gens ne veulent pas l’entendre, et les écoles ne censurent pas non plus le créationnisme : elles se contentent de purger le programme de ce qui n’a rien à y faire.
Une volonté inébranlable
En dépit de ces réfutations et des nombreux revers judiciaires qui continuent de ponctuer l’histoire de l’Intelligent Design, le mouvement fait preuve d’une ténacité remarquable. Critiqué, réfuté, boycotté, il n’en revient pas moins à la charge, soutenu par un nombre grandissant de personnes. Plus son action est dénoncée, plus il semble entretenir l’espoir d’influencer l’opinion publique. En cela aussi, il rappelle les précédents créationnismes young-earth et old-earth, que de multiples défaites successives devant les cours de nombreux États ou devant la Cour Suprême n’ont jamais découragé. La « Wedge Strategy » se définit en fait sur le long terme. Ses créateurs n’envisagent pas de retournement immédiat de l’opinion publique mais bien un « changement de paradigme » dans les vingt ans à venir (ils reprennent les termes de Thomas Kuhn, persuadés que l’Intelligent Design constitue une révolution scientifique).
Que ce changement ait lieu ou pas, une chose est sûre : l’Intelligent Design n’a pas fini de faire parler de lui…
Dossier réalisé par Jérémie Pottier
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