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Ce sont les scientifiques du XVIIIe siecle qui ont pour la premiere fois classé l'espece humaine en différentes "races". Retour sur l'histoire d'une théorie qui a dérivé de maniere tragique dans la sphere publique.
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Si, comme on l’a vu, les deux premières croisades créationnistes ont eu pour cadre les États de la "Bible belt", le mouvement de l’Intelligent Design, lui, est originaire de Seattle. Plus précisément, il a grandi au sein d’un think tank conservateur implanté dans la ville depuis 1990 : le Discovery Institute. Un petit rappel historique s’impose...
Au mois de juillet 1992, Stephen Jay Gould, évolutionniste renommé, publie une critique violente de Darwin on Trial. Alors que Phillip Johnson est piqué au vif, trente-neuf « supporters », parmi lesquels un certain nombre d’universitaires, se mobilisent rapidement. Leur tâche sera d’écrire à des centaines de professeurs pour réclamer une réévaluation du darwinisme. Le mouvement de l’Intelligent Design est né.
En 1995, Johnson publie un nouveau pamphlet anti-évolutionniste : Reason in the Balance: The Case Against Naturalism in Science, Law, and Education. La même année, lui et ses disciples organisent une conférence intitulée "The Death of Materialism and the Renewal of Culture". C’est alors que l’idée leur vient de créer un centre de recherche entièrement dédié à la propagation de leurs idées.
Un an plus tard, le Center for the Renewal of Science and Culture (CRSC) fait son apparition au sein du Discovery Institute, think tank conservateur basé à Seattle. Dès le départ, il est constitué de ses principales personnalités : Stephen Meyer et Jonathan Wells en sont les co-directeurs ; William Dembski, Michael Behe, Jonathan Wells et Paul Nelson y sont chercheurs à plein temps (full-time research fellows). Phillip Johnson, enfin, en est le conseiller (advisor).
Quelques années plus tard, on apprend dans le journal du Discovery Institute que l’un des premières personnes à avoir investi dans le CRSC (son rôle est défini comme « crucial ») a été Howard Ahmanson.
Lorsque l’on sait qu’Ahmanson a longtemps siégé au conseil d’administration de la Christian Reconstructionist Chalcedon Foundation, l'une des organisations fondamentalistes les plus extrêmes, on a peine à croire que l’entreprise soit, ainsi que Johnson le prétend, indépendante de toute croyance religieuse. En 1999, toujours dans le même journal, les noms des trois plus gros financeurs du Discovery Institute sont révélés : il s’agit de Fieldstat & Co., de la fondation Maclellan et de la fondation Stewardship. Selon Larry Witham, du Washington Times, ces trois donateurs sont liés à des organisations chrétiennes...
En août 2002, le "centre" change de nom. Il s’appellera désormais le Center for Science and Culture (CSC). L’ancienne dénomination (Center for the Renewal of Science and Culture) mettait sans doute trop en avant la volonté du think tank : refondre la culture américaine et la science pour que les grandes institutions de la société - et plus particulièrement l’éducation - retrouvent une base religieuse.
Le National Center for Science Education consacre d’ailleurs une page de son site Internet à l’évolution des logos du CSC2. On peut y voir le logo d’octobre 1999 - représentant le célèbre détail de la Création d’Adam selon Michel-Ange - se transformer progressivement pour aboutir en août 2001 à un logo représentant une nébuleuse planétaire, probablement encore une fois pour limiter les connotations religieuses.
Aujourd’hui, le CSC est composé de 14 senior fellows et de 26 fellows. Il organise régulièrement des conférences avec des scientifiques ou avec des organisations chrétiennes, publie des livres, réagit à l’actualité… Le mouvement semble donc bien déterminé à multiplier ses activités, suivant en cela une stratégie bien rôdée surnommée « The Wedge ».
Dossier réalisé par Jérémie Pottier
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