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Ce sont les scientifiques du XVIIIe siecle qui ont pour la premiere fois classé l'espece humaine en différentes "races". Retour sur l'histoire d'une théorie qui a dérivé de maniere tragique dans la sphere publique.
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Portrait d'une vie partagée avec un drôle d'oiseau : la médiation scientifique !

Risques ou pas, le préfixe « nano » est à la mode dans le domaine universitaire. Les directeurs de laboratoire glissent très facilement ce préfixe magique dans les titres de leurs programmes pour faciliter l'obtention de crédits de recherche.
Pourtant, la mésaventure survenue récemment au nettoyant ménager Magic Nano (censé projeter un film invisible capable de repousser la saleté) révèle l'ironie de la situation. Ce produit a été précipitamment retiré de la vente en Allemagne en mai 2006 en raison de l'apparition de plusieurs cas de détresses respiratoires déclarés suite à son utilisation. Un mois après, l'expertise menée par l'Institut Fédéral Allemand de l'Évaluation des Risques (étude complètement oubliée par l'opinion publique) est tombée : le produit ne contenait pas de nanoparticules !
L'emploi du préfixe "nano" ne se justifiait que par la taille nanométrique de la couche de produit vaporisé. Depuis cette polémique, certains reculent, craignant que des produits, finalement très peu "nanos", soient boudés par les consommateurs.
Alors qu'il y a 10 ans on aurait sans état d'âme qualifié de "nano" un produit contenant des particules de 100 nm, aujourd'hui on préfère revenir en arrière et employer le préfixe "micro", plus rassurant (car 100 nm, c'est 0,1 μm…).
Finalement, en voulant ouvrir le débat sur les nanos, ne sommes-nous pas nous-mêmes sur le mauvais chemin ?
Car en organisant de plus en plus de débats citoyens sur les nanosciences et les nanotechnologies, que faisons-nous à part noyer le citoyen dans un domaine gigantesque ?
Des recommandations telles que celles formulées le 20 janvier 2007 par le panel des 10 citoyens nommés par le conseil régional d'Île-de-France sont-elles vraiment utiles : nécessité de prendre des précautions, d'adapter la législation sanitaire actuelle à l'échelle nano, d'apposer des étiquetages précis, de communiquer largement sur le sujet, etc. ?
Car comment peut-on appréhender et discuter de problématiques qui recoupent des dizaines de domaines scientifiques différents, alors que même un chercheur « travaillant dans les nanos » serait bien en peine de discuter des applications du domaine voisin ?
Peut-être que la solution serait d'arrêter de discuter "des nanotechnologies" en général, et d'organiser des débats portants sur "les problèmes éthiques des puces RFID" ou sur "l'utilisation des nanocapsules dans le corps humain", ou encore sur "les enjeux liés à l'introduction des nanotechnologies dans l'armement", sujet hautement sensible qui rappelle étrangement celui du nucléaire...
Restreindre les sujets de débat et aborder des problématiques précises dans des domaines bien définis seraient peut-être des solutions simples pour éviter de patauger dans la soupe nano.
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