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L'histoire scientifique des races

Ce sont les scientifiques du XVIIIe siecle qui ont pour la premiere fois classé l'espece humaine en différentes "races". Retour sur l'histoire d'une théorie qui a dérivé de maniere tragique dans la sphere publique.

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L'histoire du zéro

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La réponse de Robert T. Pennock

Le livre de Phillip Johnson n’a pas été accueilli avec enthousiasme par les partisans de l’évolution, c’est le moins qu’on puisse dire. Les magazines scientifiques comme le Scientific American ont été particulièrement sévères avec lui, comme le rappelle Larry Witham dans son livre Where Darwin Meets the Bible : Creationists and Evolutionists in America (2002) :

« [Stephen Jay] Gould panned the book in Scientific American, saying Johnson ‘had taken a low road in writing a very bad book’. Lawyers have every right to weigh in, Gould wrote, but Johnson confused evidence in science and evidence in law and was wrong to claim that Darwinism by necessity leads to atheism » (Witham, 2002, 68).

Mais la critique la plus convaincante de l’ouvrage de Johnson a été formulée par Robert T. Pennock qui, dans un article intitulé « Naturalism, Evidence, and Creationism : The Case of Phillip Johnson », a minutieusement démonté un à un les arguments du professeur de droit (Pennock, 2001, 77-97).

Résumer l’ensemble de l’article serait long et fastidieux. Contentons-nous donc d’en restituer les étapes les plus importantes.

Pennock revient dans un premier temps sur la notion de naturalisme, et en rappelle notamment l’ambiguïté. Il existerait en effet deux sortes de naturalismes bien différentes : le naturalisme ontologique, qui affirme que le monde est purement matériel et constitué de particules en mouvement, et le naturalisme méthodologique, qui ne décrit pas le monde mais désigne une méthode pour connaître le monde. « The Methodological Naturalist does not make a commitment directly to a picture of what exists in the world, but rather to a set of methods as a reliable way to find out about the world » (Pennock, 2001, 84). Selon Pennock, cette méthode ne peut pas s’accommoder d’un recours à la création divine : comment en effet suivre une méthode si Dieu change régulièrement les règles du jeu et ne cesse d’intervenir dans la Nature ?

Plus loin, Pennock essaie de répondre à la question suivante : le naturalisme méthodologique est-il dogmatique ? La réponse est non. Le dogmatisme caractérise une opinion reposant sur la simple autorité plutôt que sur la raison. Or, la biologie ne rejette pas l’hypothèse du design a priori mais en fonction de preuves empiriques. « Science operates by empirical principles of observational testing ; hypotheses must be confirmed or discomfirmed by reference to empirical data » (Pennock, 2001, 89). Pour la science, lire le monde selon une perspective autre que
la perspective naturaliste reviendrait à nier sa propre existence.

À la fin de son article, Pennock souligne l’absence, dans le livre de Johnson, d’argument positif en faveur de l’Intelligent Design. L’ancien juriste joue son rôle de procureur à la perfection : il critique sans relâche les prétentions de la science à expliquer le monde et celles des évolutionnistes à percer les mystères de la vie. Mais il ne fournit aucune alternative à la méthode naturaliste sur laquelle se base la science. Sa réponse à la question « pourquoi Dieu a-t-il créé des organesvestiges » est : Dieu a ses raisons, point. Comment connaître les raisons de Dieu ? Puisque Johnson refuse le recours à la lecture des textes sacrés et au littéralisme biblique (de peur de ressembler aux young-earth creationists, sans doute), on voit mal comment il espère convaincre son auditoire de la supériorité de l’Intelligent Design par rapport à la méthode scientifique. Selon Pennock, Johnson devrait donc sérieusement modifier son raisonnement avant de pouvoir espérer convaincre la communauté scientifique…

Critiquer Darwin On Trial était chose facile pour un biologiste comme Robert T. Pennock, tant le livre de Johnson se situait en dehors du domaine scientifique. Mais la parution en 1996 d’un nouveau livre en faveur de l’Intelligent Design, écrit cette fois par un scientifique, a posé un nouveau défi aux défenseurs de l’évolution.

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Les fondements de l'Intelligent Design

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Dossier réalisé par Jérémie Pottier

 
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