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L'histoire scientifique des races

Ce sont les scientifiques du XVIIIe siecle qui ont pour la premiere fois classé l'espece humaine en différentes "races". Retour sur l'histoire d'une théorie qui a dérivé de maniere tragique dans la sphere publique.

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L'irruption de la sélection naturelle comme nouvelle alternative au design

La théorie de la sélection naturelle constitue la pièce centrale de la théorie darwinienne de l’origine des espèces. Pourtant, Darwin n’a pas cherché à en donner une définition bien tranchée dans son ouvrage de novembre 1859. La formule la plus proche d’une définition est sans doute celle-ci :

« Pouvons-nous douter (…) que les individus possédant un avantage quelconque, quelque léger qu’il soit d’ailleurs, aient la meilleure chance de survivre et de reproduire leur type ? Nous pouvons être certains, d’autre part, que toute variation, si peu nuisible qu’elle soit, sera impitoyablement détruite. Cette préservation des variations favorables et le rejet des nuisibles, je l’appelle sélection naturelle » (Darwin, 1859, chap. IV, « Sélection naturelle »).

 

Autrement dit, la sélection naturelle est une sélection de caractères dans une population en raison des avantages que ces caractères confèrent à des individus en termes de survie et de reproduction.

Un tel concept ne pouvait que bouleverser le cadre épistémologique en vigueur depuis des siècles. De fait, suite à la publication de L’Origine des espèces, l’homme moderne n’eut plus à choisir entre Intelligent Design et hasard, mais entre design et sélection naturelle, ce qui était bien différent. En effet, si le hasard était susceptible d’intervenir dans le processus global de l’évolution, il n’intervenait pas dans la sélection naturelle, où les probabilités de préservation de telle ou telle variation n’étaient pas égales puisqu’elles dépendaient de leur caractère bénéfique. Une question se posait toujours cependant, celle de la plus grande plausibilité de l’une ou l’autre de ces deux théories.

La réponse est venue au XXe siècle. Depuis les travaux de Darwin, la biologie des populations, la biométrie, la science de l’hérédité (génétique) et la paléontologie n’ont cessé d’accumuler des preuves de l’existence et de l’universalité du processus de sélection naturelle (1). Deux arguments majeurs en faveur de la sélection naturelle sont ainsi apparus. Le premier prend acte de l’existence d’organes ayant une structure différente mais une fonction similaire : il existe par exemple trois types d’ailes (les ailes d’oiseaux, de chauve-souris et de mouches), qui servent toutes à voler. Pourquoi un designer fabriquerait-il autant d’ailes différentes si celles-ci devaient remplir la même fonction ? Bien sûr, on peut toujours arguer d’un Dieu esthète et versatile, mais l’explication par la sélection naturelle n’est-elle pas la plus plausible ?

Le deuxième argument tente de rendre compte de l’existence d’« organes vestiges » chez certains animaux, c’est-à-dire des organes qui se développent chez le foetus pour finalement se résorber avant la naissance. Pourquoi un designer aurait-il créé ces organes si c’était pour ensuite les supprimer, avant même qu’ils ne commencent à jouer un rôle quelconque ? De même, pourquoi aurait-il doté l’homme d’une colonne vertébrale alors que cette dernière est inadaptée à la station debout ? Là encore, le cadre théorique de la sélection naturelle apporte l’explication la plus vraisemblable. Si l’homme partage un ancêtre commun avec le singe (animal qui, faut-il le rappeler, se déplace à quatre pattes), alors on comprend mieux pourquoi il a hérité de cette colonne, source de tant de maux…

L’argument formulé par William Paley en 1804 se fondait sur la parfaite adaptation des organismes à la vie qu’ils menaient ainsi que sur la croyance en un Dieu puissant, généreux et omniscient. Ces deux conceptions étaient tellement solidaires que la suppression de l’une d’entre elles risquait d’affaiblir considérablement l’argument. Or, la théorie de la sélection naturelle, en démontrant l’inutilité de certains composants des organismes, a justement détruit la conception paleysienne d’un Dieu omniscient, qui ne ferait rien sans raison. Elle a donc démoli du même coup les prétentions de l’Intelligent Design à expliquer l’apparition de la vie sur Terre. Du moins, elle l’a fait jusqu’à ce que certains penseurs ne décident de reprendre le flambeau de l’Intelligent Design à la fin du XXe siècle…


(1) Comme le rappelle Jean Gayon dans l’article « Sélection naturelle » du Dictionnaire d’histoire et philosophie des sciences publié sous la direction de Dominique Lecourt, Darwin ne fournit pas le moindre exemple concret d’un phénomène actuel de sélection naturelle dans L’Origine des espèces, encore moins une preuve directe de son existence.

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Les fondements de l'Intelligent Design

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Dossier réalisé par Jérémie Pottier

 
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