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Ce sont les scientifiques du XVIIIe siecle qui ont pour la premiere fois classé l'espece humaine en différentes "races". Retour sur l'histoire d'une théorie qui a dérivé de maniere tragique dans la sphere publique.
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L'ADN a changé le monde de la génétique. Réflexiences vous raconte la petite histoire de cette grosse molécule.
Pour les esprits colonisateurs du XIXe siècle, les Arabes n’ont rien inventé, ils ont juste eu l’immense privilège de garder bien au chaud le savoir des Grecs. Et quand enfin, au XXe siècle, les historiens reconnaissent l’importance des sciences arabes, les esprits s’échauffent : ce sont les Arabes qui ont tout inventé ! Jusqu’à nos célèbres chiffres ! Petite mise au point...
Pour Philip Kitcher, professeur de philosophie à Columbia, l’argument de Michael Behe ne tient pas (Pennock, 2001, 257-287).
Imaginons que le cilium d’une bactérie nécessite, pour fonctionner, la combinaison de 137 protéines différentes. Imaginons maintenant qu’une cellule possède effectivement les 137 protéines nécessaires au fonctionnement du cilium, mais qu’en plus, elle possède une autre protéine inhibant la production de cilium. Une mutation génétique pourrait alors entraîner la suppression de cette protéine inhibitrice et conduire à la production de cilium. Le concept de « complexité irréductible » est donc tout à fait compatible avec la perspective évolutionniste. Dire qu’un organe est tellement complexe que la suppression d’un seul de ses composants l’empêche de fonctionner ne contredit en aucun cas la possibilité que cet organe se soit modifié au cours du temps.
Selon Kitcher, le raisonnement de Behe s’apparente à celui des précédents créationnistes, qui affirmaient que si les oiseaux avaient développé des ailes au cours du temps, alors on devrait trouver des fossiles d’oiseaux avec des moitiés d’ailes. Les créationnistes d’alors se faisaient une idée bien particulière de ce à quoi ressemblaient les organismes intermédiaires. Behe fait de même au niveau cellulaire : parce qu’il n’a aucune idée de ce à quoi les organismes intermédiaires pouvaient ressembler, il affirme que ceux-ci n’ont pas existé et que les cilia sont nés spontanément, sous leur forme actuelle.
La faiblesse de l’argumentation de Behe tient en fait à ce qu’elle présuppose qu’à tout organe correspond une fonction bien déterminée. Lorsqu’il examine le cilium, Behe conserve à l’esprit la fonction que celui-ci possède aujourd’hui. Or, ne peut-on imaginer que le cilium n’ait pu être à l’origine qu’une couche protectrice, qui par l’addition d’une protéine serait devenue flexible ? Le fait qu’un système complexe possède une fonction bien particulière ne signifie pas qu’il n’ait pu en avoir d’autre auparavant. Le piège à souris de Behe est peut-être inutile en tant que piège s’il lui manque un marteau, mais le ressort et la planche peut, lui, toujours servir à quelque chose.
Kitcher contre ainsi aisément les attaques formulées par Michael Behe dans Darwin’s Black Box et, ce faisant, nie le caractère scientifique de ses analyses. Pour lui, il ne fait pas de doute que l’Intelligent Design n’est qu’un ultime avatar du créationnisme. « The neo-creo model factory is stikingly out of new resources. For all the fancy rethoric, all the academic respectability, all the accusations and gesticulations, born-again creationism is juste what its country cousin was. A shame. » (1). Qu’en est-il vraiment ? A-t-on raison d’assimiler aussi souvent les deux courants ? Les stratégies employées de part et d’autre pour convaincre l’opinion sont-elles semblables ? C’est à ces questions que nous allons désormais nous intéresser dans un dossier à paraître prochainement sur Réflexiences.
Philip Kitcher, « Born-Again Creationism », in Pennock (dir.), Intelligent Design Creationism and its Critics: Philosophical, Theological and Scientific Perspectives, Cambridge, Mass., MIT Press, 2001, p. 287.
Dossier réalisé par Jérémie Pottier
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