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Ce sont les scientifiques du XVIIIe siecle qui ont pour la premiere fois classé l'espece humaine en différentes "races". Retour sur l'histoire d'une théorie qui a dérivé de maniere tragique dans la sphere publique.
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Réflexiences vous emmène sur les terres de la Mésopotamie pour explorer les origines du zéro.
La France est aujourd'hui le deuxième pays producteur d'énergie nucléaire dans le monde, derrière les Etats-Unis. L'énergie électrique représente en moyenne, dans le monde, 30 à 40 % de la consommation d'énergie totale. En France, l'électricité est à 80 % d'origine nucléaire.
Marie-Odile Monchicourt est journaliste scientifique sur France-Info et auteur de petites enquêtes sur l’actualité des sciences publiées aux éditions Platypus. En tant que marraine de Réflexiences, elle nous confie sa vision de la médiation scientifique et prodigue quelques conseils pour ceux qui veulent se lancer dans cette voie.

Réflexiences : Comment êtes-vous arrivée à ce métier de chroniqueuse scientifique ? Avez-vous fait des études scientifiques ?
Marie-Odile Monchicourt : Je n'ai pas vraiment choisi de devenir chroniqueuse scientifique (je n’ai pas mon bac) mais je le suis devenue après avoir été sollicitée par France-Culture pour accomplir une série d'entretiens scientifiques. N'y connaissant rien et trouvant curieux que cette chaîne fasse appel à mon ignorance (j'étais alors à France-Inter où j'intervenais dans une émission d'humour), j'ai demandé "pourquoi moi, alors que vous êtes entourés de producteurs diplômés ?" Il m'a été répondu : "précisément pour votre questionnement non-universitaire et donc proche du public". Enthousiasmée par ce que je découvrais à travers ces entretiens scientifiques j'ai voulu en faire profiter le public de France-Inter et j'ai fini par produire une émission hebdomadaire qui s'intitulait "Poussières d'Etoiles". C'était entre 1985 et 1987. Cette émission a eu un franc succès et j'ai ensuite été sollicitée par la rédaction de France-Inter puis France-Info pour faire des chroniques. C’est différent de faire des émissions de deux heures sur la mécanique quantique à France-Culture, des émissions d'une heure sur les étoiles à France-Inter, et des chroniques de deux minutes sur France-Info...
RX : A votre avis quel est le meilleur chemin pour arriver au journalisme scientifique : des études de journalisme pour savoir mettre en forme le message ou bien des études scientifiques pour maîtriser le message lui-même ?
M.-O. M. : Il n'y a pas de règles... Selon mon expérience, ceux qui sortent tout frais de leurs études scientifiques ont un formatage universitaire qui les bloque dans leurs questionnements. Car le journalisme, c'est avant tout poser des questions sans peur d'être jugé par le corps scientifique. Mon ignorance du départ a été en fait un véritable atout. Je n'avais que ma curiosité pour me donner le courage nécessaire d'aller interviewer des scientifiques qui m'intimidaient d'autant plus que je n'y connaissais rien. Et de ce point de vue j'ai toujours affiché mon ignorance. Je ne voulais pas faire croire que j'en savais suffisamment pour poser des questions dites "intelligentes". En ce sens je n'ai jamais été mal reçue par les scientifiques. Cela les obligeait à être très clairs dans leurs explications car quand je ne comprenais pas, ils devaient s’y prendre autrement. Quant aux études, je pense qu'elles sont un plus dont je n'ai pu bénéficier mais qui finalement ne m'a pas trop handicapé car j'ai eu beaucoup de chance. J'ai appris sur le tas et donc ça m’est difficile de donner un conseil sur ce plan. Le seul que je puisse donner c'est d’aimer suffisamment les sciences pour donner envie de les partager avec le plus grand nombre.
RX : Croyez-vous en l'existence du "grand public" ? Ne pensez-vous pas que les messages vulgarisés n'atteignent finalement toujours qu'un public déjà intéressé par les sciences et un minimum formé ?
M.-O. M. : Oui, en effet... c'est pour cela qu'il faut penser à d'autres formes de communication des sciences. Je m'y applique fortement dans la continuité de ma carrière. Je pense qu'il est urgent de faire connaître la vision scientifique du monde au plus grand nombre afin de nous sortir ensemble des graves problèmes environnementaux dans lesquels nous nous trouvons aujourd'hui et pour que chacun puisse ajuster ses comportements et ses choix politiques dans le seul objectif de sauver la planète. Et en effet, ce n'est pas par des chroniques scientifiques sur Radio France que nous pourrons atteindre ce "grand public". Ce qui ne veut pas dire qu'elles ne doivent pas exister. Mais il faut penser à créer d'autres voies de communication avec ce public qui se trouve à des années lumière du milieu universitaire. Tout reste à faire !
RX : Est-ce facile de travailler avec les chercheurs ? Ont-ils la même vision que vous de la vulgarisation ?
M.-O. M. : Je n'ai jamais eu de difficultés à travailler avec les chercheurs (disons plutôt, pratiquement jamais...). Ils ont presque toujours été désireux de se faire comprendre. Le problème principal a été leur peur d'être jugés dans leurs propos par le corps scientifique lui-même. Mais j'ai toujours relu mes textes aux chercheurs concernés pour éviter la moindre erreur. Parfois le malaise du chercheur est tel qu’il a beaucoup de mal à accepter la retranscription vulgarisée de ses propos. J'ai toujours respecté le souci de la rigueur scientifique et j'ai appris à l'apprécier voire à l'aimer. Il n'y a pas de bonne vulgarisation sans rigueur. Le secret : ne rien affirmer sans l'aval du chercheur. Jamais ! Je prépare mes chroniques en collaboration directe avec les scientifiques. En ce sens je me vois plus comme une médiatrice que comme une journaliste.
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