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Ce sont les scientifiques du XVIIIe siecle qui ont pour la premiere fois classé l'espece humaine en différentes "races". Retour sur l'histoire d'une théorie qui a dérivé de maniere tragique dans la sphere publique.
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La France est aujourd'hui le deuxième pays producteur d'énergie nucléaire dans le monde, derrière les Etats-Unis. L'énergie électrique représente en moyenne, dans le monde, 30 à 40 % de la consommation d'énergie totale. En France, l'électricité est à 80 % d'origine nucléaire.
Elisabeth Dubois-Violette travaille au Laboratoire de Physique des Solides à l'Université d'Orsay où elle est Directrice de recherche CNRS. Elle a décidé de se battre pour la parité femmes / hommes au sein du CNRS. Pour elle, il s’agit malheureusement bien plus qu’un problème interne, mais du miroir du reste de la société.

Elisabeth Dubois-Violette, pouvez-vous nous dire pourquoi avez-vous fait ce métier et en quoi consiste-t-il aujourd'hui ?
Dès ma plus tendre enfance j'ai toujours aimé comprendre comment fonctionnaient les choses autour de moi. Au lycée, la physique m'a passionnée dès le début. Mes études m’ont ensuite menée naturellement à la recherche. Ce travail est passionnant, quand cela marche, mais exigeant car il faut tout le temps relever le défi d'être parmi les meilleurs. Je suis théoricienne, mais j'ai toujours travaillé en contact étroit avec les expérimentateurs qui sont dans mon laboratoire. Pour moi le travail en groupe a toujours été une joie : j'aime le dialogue et le partage et, à mon sens, cela fait avancer les choses plus vite.
Vous êtes aussi membre du comité de pilotage pour la mission de la place des femmes au CNRS. De quoi sagit-il ?
En avril 2001, Geneviève Berger, directrice générale du CNRS, a créé et présidé un Comité de pilotage intitulé "Disciplines, métiers, carrières et genre - La place des femmes au CNRS", dont je fais partie. Puis en Juillet 2001, elle adosse à ce comité une Mission pour la place des femmes au CNRS. Le CNRS devient ainsi le 1er organisme à se doter d'une telle structure opérationnelle, visant à gagner le pari de l'équilibre entre les femmes et les hommes.
Depuis l'arrivée du nouveau directeur général, occupé à mettre en place la réforme du CNRS, ce comité ne s'est pas réuni. Par contre la mission a eu une politique d'actions d'information très positives. Les retombées concrètes sur la politique scientifique du Centre sont à l'heure actuelle très faibles.
Le 5 octobre 2005, la nomination de 12 hommes au conseil d'administration du CNRS, qui ainsi devenait quasiment totalement masculin (à une exception près), a déclenché une vive polémique sur la parité hommes / femmes dans la recherche. Vos lettres contestataires envoyées en octobre 2005 à tous les hauts responsables du CNRS ont-t-elles eu l'impact que vous souhaitiez ?
Mes lettres ont eu un très large impact, mais pas comme je le souhaitais : cela aurait du aboutir a corriger les nominations pour reequilibrer la representation homme-femme. Les récentes nominations aux postes de responsabilité du CNRS, faites au mois de décembre le prouvent (Je viens d'ailleurs d'envoyer une nouvelle lettre au directeur général analysant la situation). Il faut reconnaître par ailleurs qu'en majorité ces " problèmes de femmes " comme ils sont nommés de façon dérisoire, n'intéressent pas beaucoup le milieu. Or pour moi ce sont des problèmes de société dans son ensemble, qui sont plus larges que celui du seul CNRS. Des attaques personnelles visant à me discréditer professionnellement et personnellement m'ont touchée, mais cela est un classique du genre. Le soutien de mes collègues du conseil scientifique du CNRS, dont j'étais la présidente, et celui de la société française de physique ont été très fermes et pour moi très importants.
Qu’avez-vous obtenu ?
Nous avons obtenu, après avoir enfin pu discuter avec le Ministre, la création d'un "comité pour l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans la recherche et l'enseignement supérieur" dont je ferai partie et qui aura pour missions principales de mettre en place le cadre juridique nécessaire pour améliorer les lois en faveur de l'égalité professionnelle hommes/femmes dans la recherche et l'enseignement supérieur, de recevoir les informations permettant d'examiner les carrières et proposer des mesures aptes a attirer les meilleures et meilleurs, et de travailler dans le cadre des initiatives européennes et internationales dans ce domaine. Des amendements au sénat ont déjà été obtenus pour la loi de programmation de la recherche qui sera votée à la fin de ce mois à l'assemblée.
Que retenez-vous de cette polémique ?
D'un point de vue général, je n'ai jamais cru qu'aux faits et pas aux discours. J'ai personnellement l'impression que les choses n'ont pas beaucoup avancé sur la place des femmes dans notre société. Les discours ont évolué, les faits très peu. Le "bon ton" actuel est de proclamer l'égalité professionnelle. Mais les faits persistent. Prenons pour exemple le nombre de femmes au CNRS, il était de 30,8% en 1944, il n'est toujours que de 31% en 2004. En ce qui concerne les postes de responsabilités, les femmes représentent 22% des directeurs de recherche dans l'ensemble du CNRS. Dans la réforme qui se met en place, les nominations ne font apparaître que moins de 10% de femmes aux postes de responsabilité. Alors s'agit-il de polémiques ou de faits tangibles ? Un dernier point que j'aimerais évoquer concerne les femmes qui, elles, sont arrivées en haut de l'échelle et refusent de déclarer qu'il persiste un problème de carrière féminine. Il leur semblerait que le reconnaître risquerait de remettre en cause leur propre légitimité.
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