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L'histoire scientifique des races

Ce sont les scientifiques du XVIIIe siecle qui ont pour la premiere fois classé l'espece humaine en différentes "races". Retour sur l'histoire d'une théorie qui a dérivé de maniere tragique dans la sphere publique.

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L'avis de Gianni Giardino

Ensuite, nous sommes donc allés interviewer Gianni Giardino : un chercheur qui, comme tant d'autres, ne vit pas dans une cave !

Gianni Giardino a conclu son cycle universitaire par un doctorat de physique sur la Technologie des Grands Instruments. Il est actuellement enseignant-chercheur à l'Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines et actif sur de nombreux projets. Intéressé par la médiation scientifique il est le vice-président de l'association "Bar des Sciences - Paris" et depuis quelques années le directeur adjoint de l'IUP ASCM dont il a initié la création, une structure innovante formant des médiateurs culturels et scientifiques.

Réflexiences : A votre avis, pourquoi les hommes exerçant votre métier conservent cette image de "chercheur fou", seul au fond de son labo ?

Gianni Giardino : A mon avis, il s'agit toujours des représentations qu'ont véhiculées la littérature et les films des années 50 avec les premières applications des sciences de l'homme (Frankenstein). Les images de l'alchimiste et du sorcier ne sont toujours pas sorties des esprits, et sont d'ailleurs entretenues par les médias.

RX : Est-ce que cette image porte préjudice aux chercheurs ?

G. G. : Oui et non. Elle donne une dimension poétique, magique et artistique au métier, ce qui est plutôt positif. De plus le chercheur est la dernière grande figure qui existe dans la tête des gens, à l'instar des notaires et des instituteurs il y a 50 ans. On n'arrive pas à avoir facilement de représentation objective de lui, il reste un électron libre. Par contre cette image nuit au fonctionnement de la recherche actuelle : on ne voit pas pourquoi le chercheur devrait s'impliquer dans les débats de société, alors qu'il a évidemment sa place, et qu'elle est très importante.

RX : Comment vous présentez-vous lorsque vous rencontrez des personnes autres que scientifiques ?

G. G. : Je dis "physicien" et pas "chercheur" déjà. Sinon je préfère "trouveur" comme l'utilisait de Gaulle. L'image de la "physique incompréhensible" est à oublier immédiatement. D'ailleurs parfois je dis être "plombier zingueur" pour mettre en avant le côté manuel, expérimental, "avec les mains" des sciences. Les choses que tu cherches tu ne les trouves pas, les choses que tu ne cherches pas tu les trouves : c'est aussi ça le métier de chercheur. On a tendance à trop mathématiser la physique.

RX : La désaffection des filières scientifiques, surtout en physique, ne s'expliquerait-elle pas par la méconnaissance des métiers qui leurs sont associés ?

G. G. : Les sciences continuent à faire rêver. Surtout l'infiniment petit et l'infiniment grand. Mais cela paraît trop compliqué. A priori, d'après le dernier numéro du magazine de l'UNESCO (1), cette désaffection serait en résorption. Je m'explique celle-ci par le fait que la physique est devenue une nouvelle branche des mathématiques. Les écoles d'ingénieurs, formatées concours, résument la physique à un résultat de calcul vrai ou faux. Les élèves ne se représentent plus les phénomènes, ils perdent les ordres de grandeur... De plus, nous voulons tenter de comprendre des choses trop "kitch", alors que nous devrions étudier des choses simples et qui recèlent déjà beaucoup de considérations à expliquer. Comme le fait l'association la main à la pâte(2) qui explique "avec les mains" des choses pas très compliquées.

RX : Comment travaillez-vous ?

G. G. : Nous sommes loin d'être seuls. Il y a toujours une phase de réflexion, souvent seuls, mais nous communiquons avec le monde entier par Internet, et évidemment avec notre labo. La recherche en physique des hautes énergies (des particules) ce peut être 600 personnes sur une expérience ! Le métier ne se résume pas à des équations : c'est un échange d'idées, d'informations, d'emmerdements, un jeu de lego ayant pour but de se représenter le monde le mieux possible.

RX : N'en demande-t-on pas trop aux chercheurs : être à la fois trouveur, médiateur, communicant et prof ?

G. G. : C'est ce qui sauvera la recherche à mon avis. Il faut absolument communiquer et les chercheurs doivent prendre conscience que leur métier se complique. Des professionnels de la médiation seront là aussi pour les aider. Et enfin : il faut aussi qu'ils disent, tout simplement, qu'il y a du plaisir dans leur métier, lui donner un côté émotionnel.


(1) Planète Science, numéro de janvier-mars 2005.

Voir le site de Planète Science

(2) "La main à la pâte" est une association créée à l'initiative de G. Charpak et de l'Académie des sciences en 1996. Elle vise à promouvoir au sein de l'école primaire une démarche d'investigation scientifique.

Voir le site de "la main à la pâte"

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Dossier réalisé par Jérôme Nicolle

 
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