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Ce sont les scientifiques du XVIIIe siecle qui ont pour la premiere fois classé l'espece humaine en différentes "races". Retour sur l'histoire d'une théorie qui a dérivé de maniere tragique dans la sphere publique.
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L'Intelligent Design - dernier avatar en date du créationnisme - conteste le rôle de l'évolution naturelle des espèces et y voit l'oeuvre d'un créateur supérieur. Réflexiences vous propose de décrypter les arguments philosophiques et scientifiques de l'Intelligent Design.
Marine Kervella est actuellement doctorante au centre de recherche du groupe ISAIP-ESAIP à St Barthélémy d’Anjou (Angers). Après avoir obtenu son diplôme d’ingénieur en informatique et télécom et un DEA en Signaux et Images en Biologie Médicale, elle a décidé de se lancer dans le monde de la recherche. Aujourd’hui, elle travaille sur une thématique liée au domaine médical qui repose sur la spectroscopie de fluorescence des tissus (la peau). C’est une technique de diagnostic médical qui a pour objectif de détecter des lésions précancéreuses ou cancéreuses précoces, à un stade où elles sont actuellement non décelables.
RX : Le fait d'être une femme vous a-t-il semblé influer sur la manière dont votre travail, vos aspirations professionnelles, étaient perçues ?
MK : Je ne pense pas que le travail concret, les résultats obtenus et les interprétations soient perçus différemment. En revanche, il me semble évident qu'il faut qu'une femme soit plus "acharnée", plus courageuse et plus diplomate pour faire accepter ses aspirations professionnelles.
RX : Estimez-vous avoir moins de chances de parvenir à un poste à responsabilités parce que vous êtes une femme ?
MK : Oui. Il n'y a pas de concurrence "agressive" vis-à-vis des femmes, mais je pense qu'une femme chercheur doit évoluer dans une ambiance dans laquelle il est difficile de garder une bonne confiance en soi et dans son travail. Cette atmosphère est créée par le regard des autres qui considèrent le plus souvent la recherche comme un métier d'hommes et par le comportement des femmes elles-mêmes qui ont tendance à s'auto-censurer. Mais cette tendance est vraie dans différents milieux autres que la recherche, c'est le poids d'une certaine éducation et d'une culture. Enfin, il suffit de voir les statistiques pour comprendre qu'il me sera plus difficile de parvenir à un poste à responsabilités. Quelques femmes remarquables sont connues et reconnues, mais trop de femmes qui sont d'excellentes scientifiques restent encore invisibles par rapport à leurs homologues masculins, en particulier dans les sciences "dures" et dans les technologies. Cette réalité peut nous déstabiliser ou nous forcer à nous battre davantage.
RX : On dit que les femmes sont généralement moins attirées que les hommes par les sciences, qu’en pensez-vous ?
MK : Les mentalités changent petit à petit, les femmes semblent s'ouvrir de plus en plus à la science. Mais la science ne leur paraît pas toujours ouverte. Tout se joue entre le lycée et l'enseignement supérieur où beaucoup de femmes abandonnent les études scientifiques. Et cette baisse s’accélère plus on avance dans les postes élevés. Je pense que cela est dû au fait que dès l'enfance on leur démontre que les sciences ne sont pas un métier de femmes. Et quand se pose la question du choix d'orientation, il faut en plus avoir le courage de rentrer dans un groupe ou une filière où le sexe opposé domine.
Dossier réalisé par Jérémie Pottier
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