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Ce sont les scientifiques du XVIIIe siecle qui ont pour la premiere fois classé l'espece humaine en différentes "races". Retour sur l'histoire d'une théorie qui a dérivé de maniere tragique dans la sphere publique.
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Ecrire pour documenter, voilà le credo de Thierry Lefebvre. Dans sa dernière publication, "La bataille des radios libres", c'est une période particulièrement agitée de l'histoire de la radio qu'il raconte. Ce qui ne le prive pas de porter un regard acéré sur l'actualité.
Nous sommes en 4 000 av J.C. (il y a soixante siècles !), et les Sumériens utilisent une méthode assez contraignante pour enregistrer leurs transactions. Pour garder la trace des quantités échangées, ces habitants de la Basse Mésopotamie utilisent des "boules comptables" en argile. Ils prennent un morceau d'argile trempé dans l'eau, donc malléable, en font une boule et la creusent avec le pouce. Dans cette boule évidée, ils plaçent des petits objets symbolisant les quantités échangées : des calculi. Il y a le bâtonnet qui vaut 1, la bille qui vaut 10, le disque, 100, le petit cône, 300 et enfin le grand cône perforé, 3 000. Donc si on échange 326 moutons, on plaçe un petit cône, deux billes et six bâtonnets dans sa boule comptable. Ensuite, on la referme et on la donne à l'autre marchand qui effectue la même opération avec sa marchandise. Les deux parties se retrouvent donc chacune avec une boule comptable qui est ensuite cuite dans un four à argile.
Il y a beaucoup d'inconvénients à cette méthode. Tout d'abord, le procédé est très fastidieux car parfois les boules façonnées sont trop petites pour accueillir tous les calculi, donc il faut recommencer. De plus, on ne peut pas établir de lien direct entre la taille de la boule et la quantité renfermée. Pour une petite quantité il faut parfois moins de calculi que pour une grande quantité : par exemple, pour représenter le nombre 3 000 il faut juste un grand cône perforé, alors que pour le nombre 403 il faut un petit cône, un disque et trois bâtonnets. La boule du 403 est donc plus grosse que celle du 3 000… Enfin, pour vérifier la transaction en cas de litige, il faut briser la boule d'argile pour voir ce qu'elle contient, puis la reformer après la vérification. Les Sumériens décident donc d'inscrire sur la boule ce qu'elle contient pour éviter d'avoir à la briser : si la boule contient un bâtonnet et un disque, on trace, avec la pointe d'un roseau taillé en biseau, un disque et un bâtonnet dans l'argile fraîche. Mais, puisqu'on inscrit la quantité que renferme la boule sur sa surface, il n'y a plus besoin de la boule et des calculi. Les Sumériens décident donc d'inscrire cette quantité sur une boule d'argile aplatie : une tablette.
En 2 000 av J.C., la civilisation akkadienne remplace les Sumériens sur les terres de la Mésopotamie. Les Akkadiens inventent une nouvelle façon de représenter les nombres. Ils n’ont besoin que de deux signes : un clou (qui vaut 1) et un chevron (qui vaut 10). Et ils écrivent en base 60. Dans ce système, à la place de nos habituelles dizaines, se trouvent les soixantaines, à la place des centaines se trouvent les “trois mille six centaines” (602) et ainsi de suite en suivant les puissances de 60. Le souci, c'est que pour écrire une unité, une soixantaine et une “trois mille six centaine”, on utilise un même signe : le clou, ce qui entraîne beaucoup de confusion… Les Akkadiens ont alors l’idée d’utiliser le même système que nous utilisons lorsque nous apprenons à écrire les nombres au primaire : dessiner des colonnes.
Ainsi, lorsque le clou est positionné dans la première colonne à droite, celle des unités, il vaut 1, lorsqu'il est dans la deuxième colonne, celle des soixantaines, il vaut 60, etc. La représentation des nombres avec les colonnes qui fixent la position des chiffres empêche donc toute confusion possible. La valeur d’un signe dépend donc de la position où il se trouve : un clou en première position vaut moins qu'un clou en troisième position. C’est la numération de position. Mais un problème surgit très rapidement. Tous les scribes ne sont pas aussi rigoureux dans l'écriture des nombres et certains oublient les colonnes. Pour aller plus vite, ils espacent les chiffres entre eux, mais les espaces ont tous des longueurs différentes, donc on ne sait plus si les 3 clous juxtaposés appartiennent à trois colonnes différentes ou bien si ils sont tous groupés dans une même colonne. En bref, les colonnes sont une solution, mais comme personne ne les utilise de la même manière, il faut trouver autre chose.
C'est à Babylone, en 500 av. J.C., qu’on s’aperçoit qu’il est nécessaire de trouver un signe pour remplir les colonnes vides. Pour traiter l’absence, on invente un signe qui n’est pas un chiffre mais plutôt une sorte de ponctuation : le double clou incliné. Ce signe sert à dire "il n'y a rien dans cette colonne". A cette époque, les Babyloniens utilisent donc le zéro en position médiane, c'est-à-dire à l'intérieur d'un nombre, mais ils ne l'utilisent pas en position finale, dans la première colonne. Pour eux, il n’est pas un chiffre.
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Commentaires
mathilde
bonjours j'ai un exposé a faire sur l'histoire du zéro mais je n'y connais pas grand chose et je vouidrais savoir ce que signifie la numération de position voila merci...
Frédéric Maes
"Les Indiens inventent sunya (qui signifie vide) qu'ils traitent très rapidement comme un chiffre : ils savent que lorsqu'on retire une quantité d'une autre quantité égale, il reste sunya, rien."
D'après moi, confusion dans ce passage entre chiffre et nombre. L'idée de "il ne reste rien" correspond au nombre zéro, tandis que le chiffre zéro est nécessaire pour indiquer l'absence d'un rang dans l'écriture de nombres comme 305. Les indiens ont, semble-t-il, été parmi les premiers à concevoir ces deux dimensions du zéro (mais M. Soutif semble l'attribuer davantage à des populations du sud-est asiatique avec des arguments historiques que je n'ai pas la possibilité de vérifier).