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L'histoire scientifique des races

Ce sont les scientifiques du XVIIIe siecle qui ont pour la premiere fois classé l'espece humaine en différentes "races". Retour sur l'histoire d'une théorie qui a dérivé de maniere tragique dans la sphere publique.

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...mais pas pour longtemps

Mais le destin de l’Egypte rebascule avec l’avènement d’Ismaïl en 1863. Alors que M. Ali ne poursuivait qu’un seul but : assurer l’indépendance de l’Egypte en formant les experts locaux aux techniques européennes et en ayant recours aux experts étrangers uniquement quand c’était nécessaire, Ismaïl mène une politique d’ouverture de l’Egypte. Il souhaite ouvrir son pays à l’Europe pour profiter d’un « effet d’entraînement » et il appelle de plus en plus d’experts étrangers. Les experts égyptiens continuent d’être formés mais uniquement dans les domaines déjà existants. Les historiens s’accordent à dire que c’est une des raisons de la chute de l’Egypte car elle s’est assujettie aux intérêts européens, comme le montre l’exemple du Canal de Suez (qui relie la mer Méditerranée à la mer Rouge). M. Ali avait toujours refusé de le construire car il jugeait ce projet peu utile à l’Egypte. D’après lui, le canal était trop excentré, il y avait peu de villes dans les régions qu’il traversait et surtout, sa construction supprimait le transit d’Alexandrie à Suez qui profitait à l’Egypte grâce aux taxes collectées sur le passage des marchandises. Pourtant, quand Ismaïl donne son accord pour le lancement du projet (idée, par ailleurs, 100% européenne), il pense pouvoir tout contrôler. Mais il n’en est rien. Au contraire, ce faisant, il permet une plus grande emprise de l’Europe sur l’Egypte. Très rapidement, Ismail est destitué et les Britanniques s’emparent de l’Egypte en 1882.

A leur arrivée, les Anglais trouvent aberrant d’enseigner en arabe les savoirs européens. De plus, les ingénieurs égyptiens ont atteint un niveau trop élevé et inutile, car les Britanniques n’ont besoin que d’exécutants. Ils anglicisent donc les écoles secondaires et supérieures, et ils mettent à la retraite les enseignants égyptiens. Les postes à responsabilité sont tenus par des dignitaires anglais : le savoir européen ne sert à rien sans une autorité européenne.

Au début du XXe siècle, la science égyptienne disparaît et les sciences sont réoccidentalisées. Les successeurs de M. Ali n’ont pas su poursuivre sa politique d’indépendance. Ils ont jeté l’Egypte dans les bras de ses colonisateurs.

 

Pour aller plus loin, l'ouvrage de Pascal Crozet :

"Les sciences modernes en Egypte : transfert et appropriation 1805-1902"

Librairie orientaliste Paul Geuthner, janvier 2009

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Mohamed Ali : un nouvel élan pour les sciences égyptiennes ?

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Dossier réalisé par Elsa Godet

 
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