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Salam

Salam’

 

Juste un petit message pour vous signifier ma (très) bonne arrivée ici ;) Ce matin, vers 3h du matin, après un périple total de quelques 17h en train, car, avion et taxi (avec qui la discussion en arabe a fait son effet ; 50% de réduction ! lol Non, pas MA discussion, celle de Chloé bien sûr !).

Pour commencer ce séjour, journée libre sur Damas aujourd’hui avant de rejoindre le désert d’El Kown dès demain. La ville est merveilleuse. Lumineuse, chaotique et enchanteresse. Les boutiques du souk étaient fermées (vendredi oblige !) mais l’ambiance y était. Des étoiles de lumière au sol, des regards (bienveillants ?) sur nos têtes d’étrangères au smiley perpétuel accroché sur le visage, des « welcome ! » boutiquiers… La chaleur est bien installée, mais un vent frais vient fréquemment raviver les esprits. Un thé pour nous rafraîchir, un narguilé pour calmer nos esprits surexcités, une glace (de spécialité syrienne) pour compléter l’effet sont venus à point nommé. Quelques pointes de restes antiques au coin des rues pour compléter le tout…

Bref, le séjour s’annonce bien ;) Les premières rencontres semblent aller dans ce sens. Plaisanteries dès le petit-déjeuner où se mêlent les odeurs d’Oumos (purée de pois chiche), les consonances gutturales des conversations suisses allemandes et les grands sourires des Syriens qui se posent bien des questions sur nos coutumes occidentales…« Depuis quand les Français boivent t’ils du thé sucré salé …? » Bah euh… Ce n’est pas de ma faute si le sucre et le sel étaient dans des pots similaires! (N’empêche, essayez ! c’est pas mauvais !!!! lol)

 

Maintenant, vivement le site, le désert, la géologie ;)

Nouveau départ!

Chronique ultime avant un nouveau départ… Demain, départ vers la Syrie. Le désert d’El Kown dans l’Est Syrien, à une soixantaine de kilomètres de l’Euphrate…Un site préhistorique cette fois, occupé dès les premiers mouvements des Homo erectus hors d’Afrique…

Ce site, éponyme d’une culture préhistorique, (Hummalien) est un gisement de première importance pour la connaissance des cultures de transition entre le Paléolithique ancien et le Paléolithique moyen au Moyen Orient ainsi que pour les problématiques de l’origine de l’homme moderne. A suivre !

(Désolée pour le peu de chroniques… Le temps semble « compressé » ces derniers temps !)

’l Chai

Vous connaissez la cérémonie du thé des chinois ? Mais connaissez vous le « gasoil » tunisien ? Pour « carburer » à toutes heures, il vous faut apprécier le thé du chantier, surnommé (à juste titre !) gasoil. A base de thé rouge, de beaucoup de sucre et de beaucoup de temps d’infusion (sur la braise s’il vous plait !), l’effet sur votre palpitant s’en fait sentir encore plus vite que si vous ingurgitiez votre café habituel ou même qu’un café italien bien serré ! C’est pour dire !

Le temps passe à la fois très vite (le travail de terrain est un travail de patience… petit à petit, chaque tombe nous révèle son contenu ! et pas question de manquer des indices dans la précipitation !) et très lentement… Plus qu’une semaine et quelques jours de terrain !
Aujourd’hui nous avons finis de fouiller deux squelettes côte à côte, séparés par un simple muret. Comme il tarde de l’étudier et d’esquisser une réponse à la question qui brûle les lèvres : « y a-t-il un lien entre eux ? »…

Les après-midi se passent au « laboratoire ». On y étudie les squelettes sortis au fur et à mesure, mais également ceux des années passées, en fonction de nouvelles méthodes plus performantes pour déterminer certains indices biologiques. Le gasoil et la tremblote qui l’accompagne n’y sont plus de rigueur ;) Dès que possible, un petit reportage sur le travail de labo sera mis en ligne !

A bientôt ;)

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La fouille

Bonjour !

Je vous avais promis de vous parler de ce que c’est « fouiller »… Fouiller, littéralement, vous savez tous ce que c’est ? C’est chercher quelque chose dans un endroit quand on ne sait pas vraiment où il est. En anthropologie biologique, comme en archéologie, fouiller est l’acte premier (représentant pourtant à peine un quart du travail réel….) qui permet de récupérer des données. Le métier d’anthropologue commence ainsi sur le terrain, car pour récupérer des données à étudier, il faut commencer par les extraire du sol. Mais attention ! Il ne s’agit pas juste de sortir des os, mais bien d’enregistrer les moindres détails de leur position dans le sol !

Fouiller une sépulture romaine, c’est reconstruire « virtuellement » son architecture et les actes qui l’ont mis en place puisque fouiller, c’est aussi « détruire » pour comprendre.

Au centre de la sépulture, plus que les offrandes faites au mort, il y a le mort lui-même, et c’est ce à quoi s’intéresse l’anthropologue. Il lit le squelette pour tenter de dire quels gestes ont étés « choisis » par les romains pour honorer leurs morts (les déposer sur le dos, orienter la tête de telle ou telle manière, etc…) et quels mouvements sont hérités de processus naturels, ce qu’on appelle les effets de la « taphonomie ».

Que faut-il pour « fouiller », c’est-à-dire gratter le sol sans en abîmer le contenu ?

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Le matériel du parfait petit anthropologue de terrain…

Pour fouiller un squelette

Tout d’abord ; la truelle losangique. Pourquoi losangique ? Essayer donc de gratter le sol avec une truelle de maçon, vous savez ces énormes « pelles à tarte » tranchantes… Et vous comprendrez !

L’outil de dentiste, idéalement en forme de spatule (plate et fine !). Si votre père, dentiste, en possède; contactez-moi !

Des pinceaux et une petite pelle pour récupérer le sédiment.

Des petites combines et du système D à gogo ! (Pelle en boîte de pellicule photo, en bouteille plastique, tube de stylo bic pour « souffler » les sédiments gênants… »

Et surtout, surtout beaucoup de patience !

Pour documenter le démontage

L’anthropologue traditionnel dessine à l’échelle 1/10ème le squelette qu’il a excavé. Un outil très utile pour comprendre le positionnement de celui-ci, mais dont l’établissement prend beaucoup de temps… Chose précieuse et rare lors de la fouille d’une nécropole de 7Ha !!!

Les techniques modernes nous ont fourni l’appareil photo numérique, alléluia ! Le relevé se fait désormais sur calque d’une photo zénithal, ce qui fait gagner un temps précieux.

En plus de cette « image » de l’état du squelette, une fiche de démontage permet d’inventorier les os présents et leur position les uns par rapport aux autres….

Tout cela est un peu technique, mais vous permettra peut-être d’un peu mieux comprendre ce que font les archéologues lors de vos visites impromptues sur des chantiers archéologiques.

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Les collègues

L’arrivée…

ça y est! J’y suis! c’est parti pour 30 jours de folie, de poussière, de chaleur et de fosses… De 7h à 14h, tous les jours, je serais truelle à la main… Outils de dentistes et pinceaux ne seront pas en reste! Les après-midi seront consacrées à l’étude en laboratoire des squelettes…

Le temps est court entre le deux pour vous tenir informés… Je vous promets une prochaine rubrique plus longue sur ce qu’est la fouile anthropologique et ses rudiments… Attention, pas de malentendus! Ce n’est pas une archéologue qui vous parle, mais bien une anthropologue… Une subtile différence dont vous comprendrez peut-être l’ampleur à la lecture de ma prochaine chronique ;) Avec des photos à la clé!

Quelques définitions…

INHUMATION, subst. fém. [En parlant d’un corps hum.] Action d’inhumer; cérémonie qui accompagne cette action.

NÉCROPOLE, subst. fém. HIST. [Dans l’Antiquité] Vaste agglomération de sépultures de caractère monumental, situées dans des excavations souterraines ou à ciel ouvert.

PATHOLOGIE, subst. fém. MÉDECINE. Science qui a pour objet l’étude des maladies.

SÉPULTURE, subst. fém. Inhumation; cérémonies d’usage qui accompagnent l’ensevelissement d’un mort. Par sépulture, on entend que l’enfouissement d’un corps a été effectué de façon cérémonielle, et non pas dans un but purement « hygiénique » visant à éloigner de potentiels charognards.

Définitions plus complètes sur le site http://www.cnrtl.fr/lexicographie/

Chroniques d’une anthropologue biologique en déroute

Bonjour. Je me m’appelle Anne-Sophie. Cette aventure que je vous propose de partager a commencé l’année dernière quand le hasard d’une rencontre de couloir* m’a propulsée anthropologue en partance pour la Tunisie…

Suite à mes études en Sciences de la Terre, j’ai en effet suivi un cursus de Master (ex-Maîtrise et DEA) en « anthropologie biologique et paléoanthropologie » à l’Université à Bordeaux.

C’est à ce titre que j’ai eu la chance d’aller fouiller les inhumations d’adultes de la nécropole romaine de Pupput, située à Hammamet en Tunisie. À deux pas des touristes, des stations balnéaires, s’étend un haut-lieu de la culture de l’Afrique Romaine : l’antique cité de Pupput. À quelques 70 kms de Carthage (devenue, après sa chute en – 146 av J-.C., capitale de la province Africa), cette nécropole nous révèle la réalité des petits-gens de cette province, oubliés dans les écrits. L’archéologie y fait revivre les hommes et leur respect des morts du Ier siècle av. J-.C. au Vème siècle ap. J-.C.

Pour vous permettre d’apprécier au mieux l’oisiveté de vos vacances d’été, je vous propose de me suivre dans mes nouvelles aventures. Le site étant en cours de fouilles, et seulement en partie publié, je ne vous dévoilerais aucunes informations d’ordre scientifique, mais seulement les péripéties liées à mon métier…

Savez-vous ce qu’est un anthropologue biologique ?

L’anthropologue biologique est un spécialiste de l’étude des populations humaines du passé, à ne pas confondre avec l’anthropologue social, qui étudie les populations (ou ethnies, d’où son autre nom « ethnologue »). Pour étudier « biologiquement » les populations du passé, il utilise les restes humains que celles-ci ont laissées : ses ossements, ses dents, ou parfois même ses restes momifiés. De là, dans son laboratoire, il tire de ces restes osseux diverses informations sur leur propriétaire : sexe, âge au décès, pathologies…

Comme très souvent on retrouve ces restes squelettiques en sépulture, l’anthropologue est sollicité directement sur les fouilles archéologiques, car grâce à ses connaissances de l’anatomie humaine et des processus de décomposition, il peut « lire » la sépulture en terme d’architecture funéraire. Ainsi, un corps enterré dans un cercueil ou en pleine terre ne portera pas la même « signature ». Ainsi, le rôle de l’anthropologue biologique ne se limite pas à un travail de laboratoire. Mais il n’est pas toujours facile de passer du laboratoire universitaire à la réalité du terrain…

Mais, si voulez suivre cette équipée, vous le découvrirez bien par vous-même… A raison d’une fois par semaine ! Décollage pour la Tunisie programmé le lundi 21 Mai, retour le 21 Juin**. A bientôt pour le début de ces aventures !

Anne-Sophie

* Un couloir du laboratoire d’anthropologie des populations du passé de l’université Bordeaux 1.

** Pour la fête de la musique, évidemment !


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