La fouille
Bonjour !
Je vous avais promis de vous parler de ce que c’est « fouiller »… Fouiller, littéralement, vous savez tous ce que c’est ? C’est chercher quelque chose dans un endroit quand on ne sait pas vraiment où il est. En anthropologie biologique, comme en archéologie, fouiller est l’acte premier (représentant pourtant à peine un quart du travail réel….) qui permet de récupérer des données. Le métier d’anthropologue commence ainsi sur le terrain, car pour récupérer des données à étudier, il faut commencer par les extraire du sol. Mais attention ! Il ne s’agit pas juste de sortir des os, mais bien d’enregistrer les moindres détails de leur position dans le sol !
Fouiller une sépulture romaine, c’est reconstruire « virtuellement » son architecture et les actes qui l’ont mis en place puisque fouiller, c’est aussi « détruire » pour comprendre.
Au centre de la sépulture, plus que les offrandes faites au mort, il y a le mort lui-même, et c’est ce à quoi s’intéresse l’anthropologue. Il lit le squelette pour tenter de dire quels gestes ont étés « choisis » par les romains pour honorer leurs morts (les déposer sur le dos, orienter la tête de telle ou telle manière, etc…) et quels mouvements sont hérités de processus naturels, ce qu’on appelle les effets de la « taphonomie ».
Que faut-il pour « fouiller », c’est-à -dire gratter le sol sans en abîmer le contenu ?

Le matériel du parfait petit anthropologue de terrain…
Pour fouiller un squelette
Tout d’abord ; la truelle losangique. Pourquoi losangique ? Essayer donc de gratter le sol avec une truelle de maçon, vous savez ces énormes « pelles à tarte » tranchantes… Et vous comprendrez !
L’outil de dentiste, idéalement en forme de spatule (plate et fine !). Si votre père, dentiste, en possède; contactez-moi !
Des pinceaux et une petite pelle pour récupérer le sédiment.
Des petites combines et du système D à gogo ! (Pelle en boîte de pellicule photo, en bouteille plastique, tube de stylo bic pour « souffler » les sédiments gênants… »
Et surtout, surtout beaucoup de patience !
Pour documenter le démontage
L’anthropologue traditionnel dessine à l’échelle 1/10ème le squelette qu’il a excavé. Un outil très utile pour comprendre le positionnement de celui-ci, mais dont l’établissement prend beaucoup de temps… Chose précieuse et rare lors de la fouille d’une nécropole de 7Ha !!!
Les techniques modernes nous ont fourni l’appareil photo numérique, alléluia ! Le relevé se fait désormais sur calque d’une photo zénithal, ce qui fait gagner un temps précieux.
En plus de cette « image » de l’état du squelette, une fiche de démontage permet d’inventorier les os présents et leur position les uns par rapport aux autres….
Tout cela est un peu technique, mais vous permettra peut-être d’un peu mieux comprendre ce que font les archéologues lors de vos visites impromptues sur des chantiers archéologiques.


