Les phéromones des mâles stimuleraient la formation de neurones dans le cerveau de la femelle pour que celle-ci sélectionne le partenaire idéal pour assurer la survie de son espèce. En effet, la femelle garde en mémoire toutes les signatures des mâles (leurs phéromones) en créant de nouveaux circuits neuronaux impliquant le bulbe olfactif ; ce qui lui permettra de sélectionner le meilleur partenaire.
On le savait depuis longtemps, les abeilles utilisent parfois une stratégie défensive particulière pour tuer les prédateurs qui voudraient s’infiltrer dans leur nid, et plus particulièrement les frelons. Elles se rassemblent autour de l’ennemi, en formant une grosse boule autour de lui, et le laissent mort quelques instants plus tard. Seulement, on ne savait pas comment le frelon mourait, car les abeilles étaient incapables de percer sa carapace.
Dans les années 1990, une équipe japonaise avait montré, grâce à des analyses thermiques, que les abeilles faisaient littéralement griller le frelon : en se rassemblant autour de lui, elles augmentaient considérablement la température de l’insecte jusqu’à ce qu’il meurt.
Aujourd’hui, une équipe menée par Alexandros Papachristoforou, de l’Université Aristote de Thessalonique, vient de montrer que d’autres abeilles — utilisant la même formation en boule — n’arrivaient pas à atteindre une température suffisante pour tuer les frelons (qui meurent à 50° C), et pourtant l’insecte mourait bel et bien. Les chercheurs sont parvenus à la conclusion que c’était le manque d’oxygène qui tuait finalement le frelon : en se rassemblant autour de leur prédateur, les abeilles arrivent à l’étouffer jusqu’à la mort.
La manière exacte dont les abeilles se rassemblent en forme de boule est incertaine, mais les chercheurs supposent qu’elles utilisent des messages chimiques pour se coordonner, les phéromones.
On le sait, les populations d’abeilles sont en train de décliner à un rythme alarmant, à un tel point que certains spécialistes n’hésitent pas à affirmer que les abeilles pourraient définitivement disparaître. Le syndrôme d’effondrement des colonies, ou CCD (colony collapse disorder) est une phénomène récent (fin 2006), qui touche de nombreuses colonies. Le schéma est tout le temps le même : des ouvrières partent à la recherche de pollen, et ne rentrent jamais à la ruche.
Une première étude sur les causes de ce CCD a été publiée vendredi dans la revue Science. En comparant l’ARN de micro-organismes présents dans des colonies saines de celui de micro-organismes présent dans des colonies malades, les chercheurs ont détecté qu’un virus, baptisé IAPV, était présent dans toutes les colonies malades sauf une. Il est donc possible que ce virus soit à l’origine de l’extermination que subissent actuellement les abeilles, même si celle-ci pourrait provenir d’une accumulation de facteurs.
Parallèlement, dans une étude à paraître dans le Journal of General Virology, le découvreur de l’IAPV aurait montré que les abeilles mourraient deux jours après qu’on leur ait innoculé le virus. L’origine géographique du virus reste incertaine, mais les soupçons se portent sur l’Australie, d’où provient la seule colonie de l’étude qui n’était pas victime du CCD et dont les membres étaient pourtant porteurs du virus.
Encore un point commun entre le comportement de l’Homme et celui du chimpanzé : pour lutter contre la tentation de dévorer des friandises l’attitude adoptée est de se distraire, de s’occuper. Cette découverte a été publiée par deux psychologues Theodore Evans et Michael Beran de l’université d’Atlanta ce mois-ci dans les Biology Letters. Les Chimpanzés avaient à leur disposition un distributeur qui délivre un bonbon toutes les 30 secondes. Si le couvercle du distributeur est soulevé, l’approvisionnement est stoppé. Donc plus l’individu attend, plus il a de sucreries à manger.
Dans leur cage, les quatre chimpanzés adultes résistaient environ 6 minutes avant de mettre la main sur les bonbons. Cependant, s’ils avaient de quoi se distraire (des magazines) ils tenaient plus longtemps : 9 minutes en moyenne. Les chercheurs en déduisent que ces grands singes se divertissent sciemment pour garder leur sang froid et résister à la tentation.
Comme l’humain, les primates ont une conscience d’eux-mêmes par rapport à la tentation et ils savent que la seule façon de résister est de se distraire avec des occupations plus saines. Cette étude montre encore un autre « fossé mental » entre les primates et d’autres espèces animales, qui s’ajoute à une liste d’exploits cognitifs impressionnants tels que l’utilisation d’outils et la projection dans l’avenir.
La revue Nature a publié, dans son numéro datant du 17 mai, que des populations d’oiseaux d’Amérique du Nord sont en déclin à cause du virus West-Nile.
Isolé pour la première fois en 1937 chez une femme du district West-Nile, situé en Ouganda, ce virus transmissible à l’homme par piqûres de moustiques, se déclare en général par de fortes fièvres, mais peut, dans des cas extrêmes, entraîner des encéphalites parfois mortelles.
Sept des vingt espèces observées par les services sanitaires américains sont toutes d’habitat périurbain, ce qui expliquerait l’augmentation proportionnelle de personnes infectées par le virus. Les espèces les plus touchées sont la corneille d’Amérique et le merle d’Amérique.
Ce constat de mortalité d’espèce d’oiseaux amène d’autres questions: en effet depuis plus d’un an, des poissons des Grands Lacs d’Amérique du Nord sont touchés par un virus inconnu responsable de septicémie hémorragique. Une mutation et une transmission du virus West-Nile des oiseaux aux poissons, seraient-elles à l’origine de ce nouveau virus?
Huit des plus importantes bibliothèques d’histoire naturelle et de botanique au monde se sont réunies autour d’un projet sans précédent : digitaliser l’ensemble de la littérature qu’elles détiennent concernant la biodiversité pour la rendre accessible à tous. Le site Internet de la BHL, ou Biodiversity Heritage Library, permettra de consulter des documents rares, consultables dans un nombre réduit de bibliothèques.
Les huit bibliothèques participantes possèdent plus de 2 millions de volumes contenant des informations sur des espèces vivantes cataloguées par des scientifiques et des étudiants depuis 200 ans. Jusqu’ici, ce corpus de connaissances était destiné à un cercle très restreint. Des chercheurs travaillant dans des domaines tels que l’étude taxonomique, la conservation de la biodiversité, le management environnemental ou la maintenance des écosystèmes ne pouvaient accéder à cette littérature.
Depuis aujourd’hui des pages de l’encyclopédie sont consultables sur le site de la BHL. Il faudra environ 10 ans pour créer les 300 millions de pages numériques prévues, qui intégreront - en plus des articles rédidés - des modules multimédias sur chaque espèce : vidéos, photos, cartes, etc.
D’après le Dr. Richard Lane, directeur scientifique du musée d’histoire naturelle de Londres, “Le Web nous offre de nouvelles occasions de partager nos collections avec des internautes du monde entier. Ce projet est particulièrement important pour les pays en voie de développement qui possèdent une biodiversité peu explorée.”
Les bibliothèques qui participent au projet :
American Museum of Natural History (New York, NY)
The Field Museum (Chicago, IL)
Harvard University Botany Libraries (Cambridge, MA)
Harvard University, Ernst Mayr Library of the Museum of Comparative Zoology (Cambridge, MA)
Les canards et oies femelles ont développé des organes génitaux très complexes pour contrer les mâles indélicats. C’est en effet ce qu’a découvert l’équipe de chercheurs du Docteur Brennan de Yale University. Les mâles, qui ne font pas de parade nuptiale à leurs belles et qui les forcent à s’accoupler, sont confrontés à des oviductes spiralés qui tournent dans le sens inverse de leur phallus. Certaines femelles possèdent également des conduits en forme de cul-de-sac et de poche pour stocker le sperme des mâles. L’équipe de Brennan a également constaté que plus le phallus est grand et plus l’oviducte est compliqué. Cette hypothèse conduit à l’affirmation d’une évolution parallèle de ces organes et a une guerre des sexes qui fait rage depuis longtemps !