Actualités - September 2007

Le meilleur atout masculin : les phéromones

Les phéromones des mâles stimuleraient la formation de neurones dans le cerveau de la femelle pour que celle-ci sélectionne le partenaire idéal pour assurer la survie de son espèce. En effet, la femelle garde en mémoire toutes les signatures des mâles (leurs phéromones) en créant de nouveaux circuits neuronaux impliquant le bulbe olfactif ; ce qui lui permettra de sélectionner le meilleur partenaire.

Nature Neuroscience 10, 1003 - 1011 (Aug 2007)

“Le plus grand défi pour l’humanité au XXIe siècle”

D’après Ban Ki-moon, secrétaire général aux Nations Unies, le débat sur le réchauffement climatique qui a eu lieu lundi entre les 80 chefs d’Etat et de gouvernement a été “historique et révolutionnaire”.

Le président américain Bush a cependant refusé de participer à la rencontre, préférant organiser avec les principaux pays pollueurs un “contre débat” à Washington les 27 et 28 septembre prochains.

Quant à la France, elle était représentée par Nicolas Sarkozy qui s’est engagé à réduire de 50 % les émissions de gaz à effet de serre de la France d’ici 2050. Le président a également défendu l’utilisation du nucléaire : “Le nucléaire n’est pas un gros mot” et l’a même conseillé aux autres pays :”La France est prête à aider tout pays qui veut se doter de l’énergie nucléaire civile. C’est la meilleure réponse à ceux qui veulent, en violation des traités, se doter de l’arme nucléaire.” (Le Monde du 25/09/07)

Ce sommet n’est qu’un préambule à la négociation qui doit se tenir à Bali, du 3 au 14 décembre. Un nouveau protocole de réduction des gaz à effet de serre devrait alors être mis en place pour remplacer celui de Kyoto qui expire en 2012.

La synesthésie : comment vivre sa vie par procuration

Les psychologues Michael Banissy et Jamie Ward de l’université de Londres ont étudié des cas de personnes qui manifestent des synesthésies visuo-tactiles. Lorsque celles-ci voient des personnes se faire toucher, elles ressentent ce contact à l’endroit correspondant à leur propre corps. Les chercheurs ont détecté la zone du cerveau responsable : le cortex somatosensoriel, qui s’active comme si nous étions réellement touchés. Chez chacun de nous la zone s’active également mais de façon moindre.

Pour en savoir plus : M. Banissy et J. Ward, Mirror-touch synesthesia is linked with empathy, in Nature Neuroscience, vol. 10, n°7, p. 815, 2007

La perception auditive s’améliore avec la concentration

“Hé, tu n’entends pas quelque chose ?”. Il vous est sûrement arrivé de n’entendre un son qu’une fois que quelqu’un vous avait demandé d’y prêter attention.

Une étude, publiée aujourd’hui dans Plos One, vient de montrer que lorsqu’on se concentre sur un son particulier, ce sont les capacités de perception auditive qui s’améliore, il ne s’agirait pas uniquement d’une augmentation de l’activité neuronale, comme on le croyait jusqu’alors.

Une météorite qui donne la nausée

Samedi dernier une météorite s’est écrasée dans le département de Puno, une région rurale du Pérou. L’impact, plutôt impressionant - certains ont cru à un tremblement de terre - a provoqué la formation d’un cratère de 30 mètres de diamètre et de 6 mètres de profondeur.

Le phénomène a déclenché un vent de panique parmi les habitants de Caranca, un village situé non loin du cratère. Mais quand les autorités locales ont confirmé qu’il s’agissait d’une chute de météorite et non d’un avion en flammes (la météorite, en traversant l’atmosphère terrestre, ressemblait à une boule de feu), le calme est revenu.

Mais pas pour longtemps. Car depuis sa création, le cratère dégage une odeur étrange qui incommode les populations alentours et provoque des maux de tête et des vomissements.

Les policiers dépéchés sur place pour inspecter le cratère ont eux aussi été frappés par des nausées mystérieuses. Ils ont dû être mis sous oxygène immédiatement et conduits à l’hôpital… Des spécialistes ont quand même pu prélever des échantillons de la météorite pour les analyser à Lima.

En attendant les résultats, Renan Ramirez, ingénieur de l’Institut péruvien de l’énergie nucléaire, a rassuré les habitants en déclarant qu’il n’y avait aucune trace de radioactivité autour du cratère. D’après lui, les malaises pourraient être provoqués par le dégagement de gaz tels que des sulfures, de l’arsenic ou d’autres éléments toxiques produits par la collision.

Des abeilles qui étouffent leurs predateurs

On le savait depuis longtemps, les abeilles utilisent parfois une stratégie défensive particulière pour tuer les prédateurs qui voudraient s’infiltrer dans leur nid, et plus particulièrement les frelons. Elles se rassemblent autour de l’ennemi, en formant une grosse boule autour de lui, et le laissent mort quelques instants plus tard. Seulement, on ne savait pas comment le frelon mourait, car les abeilles étaient incapables de percer sa carapace.

Dans les années 1990, une équipe japonaise avait montré, grâce à des analyses thermiques, que les abeilles faisaient littéralement griller le frelon : en se rassemblant autour de lui, elles augmentaient considérablement la température de l’insecte jusqu’à ce qu’il meurt.

Aujourd’hui, une équipe menée par Alexandros Papachristoforou, de l’Université Aristote de Thessalonique, vient de montrer que d’autres abeilles — utilisant la même formation en boule — n’arrivaient pas à atteindre une température suffisante pour tuer les frelons (qui meurent à 50° C), et pourtant l’insecte mourait bel et bien. Les chercheurs sont parvenus à la conclusion que c’était le manque d’oxygène qui tuait finalement le frelon : en se rassemblant autour de leur prédateur, les abeilles arrivent à l’étouffer jusqu’à la mort.

La manière exacte dont les abeilles se rassemblent en forme de boule est incertaine, mais les chercheurs supposent qu’elles utilisent des messages chimiques pour se coordonner, les phéromones.

Source : Current Biology

Un nouveau chewing-gum qui ne colle pas

Des chercheurs ont annoncé avoir créé un nouveau type de chewing-gum, qui ne collerait pas aux surfaces sèches et permettrait ainsi aux autorités d’économiser des millions d’euros !

On enregistre actuellement une explosion des ventes de chewing-gum, notamment en raison des interdictions liées à la cigarette. En Irlande, on a vu une augmentation des ventes de 30% après que la cigarette ait été interdite dans les lieux de travail. Résultat : plus de déchets sur le bitume des grandes villes ! Selon le New Scientist, le gouvernement anglais avait estimé dans les années 1990 qu’il dépensait chaque année plus de 150 millions de livres (220 millions d’euros) pour le nettoyage du chewing-gum, un chiffre qui a très certainement augmenté depuis.

A l’Université de Bristol (Angleterre), une équipe menée par Terence Cosgrove semble avoir trouvé la solution, en créant une pâte qui n’accrocherait pas les surfaces sèches, telles que le béton. Le secret provient d’un nouvel ingrédient, appelé “Tev7″, et composé d’éléments que l’on retrouve déjà dans d’autres produits courants comme le dentifrice. Il est composé d’une partie hydrophile (qui est attirée par l’eau) et d’une partie hydrophobe (qui est repoussée par l’eau).

Quand une personne mâche le chewing-gum, les composants attirés par l’eau vont dans la partie extérieure de la pâte. Une fois que c’est fait, si l’ignoble pollueur crache par terre, le chewing-gum ne sera pas attiré par le sol, car celui-ci est sec. Il restera donc posé par terre comme n’importe quel autre déchet public.

Des tests de mâchage et de crachage ont déjà prouvé que les chewing-gums fonctionnaient correctement : ils étaient rapidement balayés des rues. Autre avantage de ce super chewing-gum : il a été conçu pour se désintégrer dans l’eau après plusieurs mois.

Une société a été créée pour commercialiser le produit. Si vous souhaitez voir des scientifiques en train de mâcher du chewing-gum et d’essayer désespérément de le coller à des semelles de chaussures, rendez-vous sur le site web de cette nouvelle entreprise, appellée Revolymer !

Google Health : votre dossier médical stocké par Google

On connaissait les ambitions de la firme californienne en matière de santé (des notes publiques ou de récentes acquisitions ne laissaient aucun doute à ce sujet)… Aujourd’hui, on en connaît un peu plus sur les projets de Google pour investir le marché de la santé, du moteur de recherche.

Quelques professionnels de la santé ont eu accès au “Google Health” (nom de code “Weaver”), et des captures d’écrans ont été publiées. Il s’agirait en fait d’une application où l’internaute rentre toutes les informations médicales qu’il connaît à son sujet : age, sexe, poids, maladies connues, médicaments utilisés, opérations chirurgicales subies, etc… Il pourrait également connecter directement le dossier médical de son pharmacien ou de son médecin à ce système, pour importer directement les données.

L’idée est bien sûr ici de réaliser un dossier médical de suivi complet. Actuellement, 20% des américains ont un dossier électronique, et les différents acteurs de la médecine ont bien souvent du mal à communiquer entre eux, ce qui peut être fatal. Parallèlement, de plus en plus d’individus s’informent en ligne (bien souvent via Google) sur leur santé. Mais plus qu’un dossier médical, ce “Google Health” fournirait également des conseils personnalisés pour la personne, ciblés en fonction des informations qu’il aura donné : conseils préventifs, indications sur les traitements, tests cliniques en cours, interactions entre médicaments…

Il reste de nombreuses difficultés pour parvenir à un service qui fonctionne, et le premier d’entre eux concerne le degré de confiance que les utilisateurs choisiront d’accorder à ce type de service. Accepteront-il qu’un moteur de recherche connaisse tout de leur santé ?

Microsoft, de son côté, est en train de travailler sur un projet similaire. Steve Shihadeh, qui est en charge des projets sur la santé chez Microsoft, a annoncé : “nous sommes en train de concevoir une plateforme de santé complète pour le particulier, et pour nous ce challenge est bien plus important qu’un simple dossier médical, qui ne ferait que gratter la surface”.

Microsoft devrait donner plus de détails sur son fameux projet cet automne, tandis que Google attendra probablement l’année prochaine pour sortir son “Google Health”.

Ci-dessous, quelques captures d’écrans :

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Via NY Times et Google Blogoscoped

Les puces RFID à l’origine de cancers chez les souris

En 2005, la FDA américaine (Food and Drug Administration, l’organisme officiel chargé d’approuver ce qui peut être mis ou non sur le marché en matière de médicaments et de denrées alimentaires), autorisait l’implantation des puces RFID dans les organismes humains, estimant que les objets était raisonnablement sûrs.

Cependant, l’Associated Press révélait hier qu’une étude réalisée en 1996 avait prouvé que l’implantation de puces RFID chez des souris ou des rats augmentait de 1 à 10% leurs chances de développer un cancer. Cette étude n’a jamais été mentionnée par la FDA.

VeriChip Corp., société qui fabrique ce genre de puces, et qui espère toucher 45 millions d’Américains, a déclaré ne pas avoir eu connaissance des ces expériences, avant d’ajouter que des millions d’animaux domestiques avaient reçu l’implantation de puces RFID, et qu’aucune tumeur n’avait jamais été détectée. De son côté, la FDA a décliné les demandes de l’Associated Press, qui demandait à connaître précisément les études étudiées pour l’approbation de l’implantation…

S’ajoute à l’affaire un détail politique troublant : à l’époque de l’approbation, Tommy Thompson (qui était encore récemment candidat aux primaires républicaines) était à la tête du Department of Health and Human Services, organisme qui dirige la FDA. Deux semaines après que l’approbation ait pris effet, il rejoignait le Conseil d’Administration de VeriChip Corp. et de sa compagnie mère, Applied Digital Solutions. Contacté par l’AP, Thompson a déclaré qu’il ne connaissait même pas VeriChip Corp. avant qu’il ne quitte l’organisme public.

A l’heure actuelle, 2000 puces RFID ont été implantées chez des êtres humains, et de nombreux autres chez des animaux, sans qu’aucun signe alarmant n’ait été détecté. Il est possible que des cancers se développent chez la souris mais pas sur d’autres organismes… Cependant, des études plus poussées devront être envisagées pour en être certain…

Pour en savoir un peu plus sur ces curieuses puces qui font débat, vous pouvez vous référez aux deux dossiers de Réflexiences sur le sujet :

L’astéroïde qui extermina les dinosaures

L’une des hypothèses les plus souvent avancées pour expliquer la brusque disparition des dinosaures, il y a 65 millions d’années, est celle d’un astéroïde qui aurait percuté la Terre, à l’emplacement actuel du cratère Chicxulub, dans le Yucatán.

Dans une étude parue jeudi dernier dans Nature, une équipe américaine a présenté un scénario qui expliquerait l’origine de l’astéroïde tueur de dinosaures. Ils ont étudié une famille d’astéroïdes, appelée Baptistina, et on calculé à rebours les orbites de ces astéroïdes, et en sont venus à la conclusion qu’ils proviendraient d’une immense collision entre deux astéroïdes de 60 km et de 170 km de large, il y a 160 millions d’années.

Les fragments de cette gigantesque collision se serait disséminés dans le système solaire… Pour tracer l’un de ces fragments jusqu’à la Terre, les chercheurs ont comparés la composition des Baptistina et la composition de l’astéroïde à l’origine du cratère Chicxulub, et il semblerait que les deux soient très proches.


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